Du côté de la JJL

Hila Abraham est la nouvelle shliha de la JJL

Mardi 3 septembre 2019 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°1049

Installée depuis dix ans en Belgique, cette Israélienne de 38 ans compte bien faire profiter aux jeunes de son expérience, grâce aux Scouts (Tsofim) qu’elle a longtemps fréquentés, mais aussi son parcours professionnel. Elle vous donne rendez-vous au CCLJ dès la rentrée, ce samedi 7 septembre 2019 à 14h30.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours en Israël ?

Je suis née de Haïfa, où j’ai passé mon enfance et ma scolarité, avant de faire mon service militaire dans la Marine, comme Radar Operator, juste après qu’Israël quitte le Liban. J’ai ensuite fait un BA en journalisme au Netanya Academic College qui m’a beaucoup plu. Mais cela reste difficile de travailler dans ce milieu quand on n’habite pas dans une grande ville comme Tel-Aviv ou Jérusalem. Je suis arrivée il y a dix ans à Bruxelles, pour suivre mon mari qui venait d’y être muté pour son travail. Après avoir obtenu un passeport européen, j’ai travaillé quelque temps pour une société de vente de vêtements.

Quelle est votre expérience avec les jeunes ?

J’ai fréquenté les Tsofim de 9 à 15 ans environ, je me souviens des mahanot, des feux de camp où nous dormions dehors. C’est très différent de la JJL bien sûr, dans la mesure où cela forme plus au 
service militaire en Israël, mais cela donne une bonne idée tout
 de même de ce qu’est un mouvement de jeunesse. Comme activité extrascolaire, j’ai participé pendant des années à la réalisation d’émissions télévisées. Il existe en Israël plusieurs chaines de télé communautaires qui produisent des émissions avec les jeunes. J’y allais chaque semaine après l’école, et c’est devenu une passion. Ce sont les jeunes qui s’occupent de tout, de l’édition comme de la photo ou du maquillage. Cela permet d’avoir déjà une expérience et de faire des rencontres intéressantes. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans mes études de journalisme. J’y suis retournée d’ailleurs plus tard, comme productrice de l’émission cette fois, pour y encadrer les jeunes et les guider dans leur travail. Pendant mon service militaire, en tant qu’assistante de l’officier, j’ai aussi eu l’occasion de gérer une vingtaine de jeunes soldates.

Vous avez accompagné Noah Gottlob au mahanè été de la JJL et vous êtes partie avec les madrihim pour leur voyage en Israël, qu’en avez-vous retiré ?

Ce premier mahanè était une opportunité pour moi de rencontrer les madrihim. Je sortais un peu de ma zone de confort, en devant notamment créer la conversation. Je comprends mieux le français que je ne le parle, mais le courant est vite passé, et j’en suis ravie. J’ai remarqué en les observant que les madrihim pouvaient prendre peut-être un peu plus de responsabilités, notamment avec les plus petits, tout en ayant la possibilité de rester des ados bien sûr. « Fun is easy », mais il faut y ajouter autre chose, de plus éducatif. Mes enfants sont assez jeunes, je vois donc sans doute comment ils peuvent être mieux encadrés. En Suisse, comme en Israël, j’ai beaucoup parlé avec les madrihim, j’aime les valeurs qu’ils véhiculent. Ils sont très soudés et c’est beau à voir. Et puis, ils se conduisent bien en groupes aussi. Nous avons passé deux jours avec l’organisation haShomer haHadash. Les madrihim ont travaillé comme volontaires dans l’agriculture et ont récolté presque une tonne de poires en une après-midi ! Les fermiers étaient très surpris de leur sérieux, et leur ont même proposé de travailler là où poussent les truffes, et où ils n’emmènent aucun jeune israélien ! C’est un travail ennuyeux et très fatigant qui consiste à déplacer des pierres pour laisser plus de place aux champignons, mais ils l’ont fait avec bonne volonté.

Que souhaitez-vous apporter à la JJL ?

J’aimerais approfondir un peu le travail sur les valeurs, même s’ils le font déjà en partie. Je l’ai remarqué lors de notre visite cet été à Yad Vashem où j’ai proposé aux madrihim une peoula (activité) sur la révolte du ghetto de Varsovie, pour voir comment on pouvait discuter avec les enfants, selon leurs âges, de notre façon d’agir aujourd’hui sur ce qui nous semblait injuste. Nous avons parlé d’égalité, de justice, de partage et vu comment ces valeurs pouvaient interagir. Je souhaite réintroduire la Vaada Hinouch, qui consiste à revenir sur les activités qui vont être organisées avec les jeunes, pour s’assurer qu’elles soient bien adaptées. J’ai noté que chacun pouvait expliquer clairement pourquoi il était à la JJL, le plus souvent pour eux parce que ce mouvement ne détermine pas l’identité juive par son aspect religieux, et c’est important. De façon plus générale, j’aimerais apprendre à ces jeunes à être des gens bien. « Aime l’autre plus que toi-même », c’est comme cela que j’élève mes enfants.

La JJL, c’est tous les samedis de 14h30 à 18h30 et pendant les vacances scolaires. 
Infos et inscriptions  02/543.02.85 ou [email protected]

 
 

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