Flash-back

Vote de la résolution 242 de l'ONU (22 novembre 1967)

Jeudi 22 novembre 2018 par Tarbout
Publié dans Regards n°1032

Après son écrasante victoire de juin 1967, Israël occupe désormais la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le Sinaï et le Golan. Si Israël n’annexe que Jérusalem-Est le 29 juin, il laisse en suspens le sort de tous les autres territoires qu’il a conquis aux Etats arabes. Un régime d’occupation militaire permettant la circulation des biens et des personnes entre la Cisjordanie et la Jordanie est mis en place.

 

De leur côté, les pays arabes qui viennent de subir une défaite militaire cuisante se réunissent le 1er septembre 1967 à Khartoum pour ressasser les vieilles rengaines sous la forme d’un triple « non » : pas de négociation avec Israël, pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d'Israël.

Les puissances occidentales déposent un projet de résolution jetant les bases de futures négociations et proclamant le principe de « la paix contre la terre ». C’est ainsi qu’à l’initiative des Britanniques, la résolution 242 est adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU. La résolution souligne que l’instauration d'une paix juste et durable au Moyen-Orient devra comprendre « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit, la cessation de toutes revendications et états d’hostilité, ainsi que le respect et la reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque Etat de la région et de son droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces ou d'actes de violence ».

L’ambiguïté de ce texte réside dans la différence entre ses versions anglaise et française. En anglais, il évoque un retrait israélien « de territoires occupés » (from territories occupied in the recent conflict), sans préciser de quels territoires il s'agit. La version française est nettement plus précise. Il y est question de « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ». La thèse selon laquelle Israël ne devrait pas nécessairement se retirer de « tous » les territoires occupés en juin 1967 a été soutenue par l'auteur de la résolution, George Brown, secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères.

Si les Etats arabes, à l’exception de la Syrie, ont accepté la résolution, ils s'opposent cependant à toute négociation tant qu’Israël n'aura pas évacué les territoires occupés. L’OLP, quant à elle, rejette cette résolution parce qu'elle réduit la question palestinienne à un « problème de réfugiés ».

Il faudra attendre 1988 pour que l’OLP accepte de négocier sur la base de la résolution 242, admettant explicitement pour la première fois le partage de la Palestine et donc la perspective de deux Etats, palestinien et israélien, vivant côte à côte. 

Adoptée il y a 51 ans, la résolution 242 demeure le document de référence censée apporter une solution diplomatique au conflit entre Israël, les Etats arabes et les Palestiniens. 


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Isabelle Reynders - 22/11/2018 - 19:03

    Merci de cette éclairage sur le passé.

  • Par Arnaud - 27/11/2018 - 14:49

    Quand on perd la guerre on en subit les conséquences
    Demandez vous à la Belgique de rendre aux allemands Eupen et Malmedy ?
    Non évidemment mais s attaquer à Israël ça oui C est facile

  • Par Daniel Donner - 28/11/2018 - 7:31

    "L’ambiguïté de ce texte réside dans la différence entre ses versions anglaise et française."

    Pas d'ambiguite, La version OFFICIELLE et signee par les representants des pays est l'anglaise, la francaise n'est qu'une traduction.