Étiquetage

Treize personnalités israéliennes favorables à l'étiquetage des produits des colonies

Jeudi 21 novembre 2019 par Nicolas Zomersztajn

Dans une tribune publiée le 15 novembre 2019 dans le quotidien britannique The Guardian, treize personnalités israéliennes issus des sphères politique, diplomatique, judiciaire, culturel et académique soutiennent l’étiquetage des produits des colonies que demande la Cour de justice de l’Union européenne.

Supermarché Rami Lévy en Cisjordanie

Des anciens ambassadeurs ayant représenté Israël dans des capitales européennes, africaines et asiatiques, des personnalités académiques et culturelles de renom et un ancien magistrat ayant exercé des fonctions au sommet de la hiérarchie judiciaire israélienne ont décidé de s’exprimer publiquement pour soutenir l’étiquetage des produits des colonies et dénoncer l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens qu’ils jugent contraires aux intérêts vitaux d’Israël.

Cette tribune a été précisément rédigée par des personnalités qui ont servi leur pays. Que ce soit en défendant les intérêts d’Israël ou en contribuant à sa renommée et son prestige dans leur domaine respectif de compétence, ils ont œuvré pour Israël. Ces personnalités ne peuvent donc être accusés de haine d’Israël ni être décrits comme des traîtres. Comme ils l’expriment, ils sont tous soucieux de l’avenir de leur pays.

Enfin et surtout, il serait malhonnête et mensonger de les assimiler aux promoteurs du boycott d’Israël. Non seulement ils s’opposent tous au boycott d’Israël (économique, académique et culturel) mais ils proposent le contraire du boycott : la différenciation entre ce qui relève d’Israël et ce qui est produit dans les colonies situées en territoires palestiniens. 

Nous reproduisons ci-dessous la tribune qu’ils ont signée.

« Nous, en tant que citoyens d’Israël inquiets, nous accueillons favorablement la récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui a confirmé que les produits des colonies israéliennes ne pouvaient pas être étiquetés comme originaires de l'État d'Israël et qui réaffirmait l'illégalité des colonies et l'importance du droit international.

Nous pensons qu'un étiquetage correct des produits des colonies est une étape importante, mais nous pensons également que cela est insuffisant. Nous appelons l'Union européenne à interdire l'importation de produits israéliens provenant des colonies.

Les colonies israéliennes sont la principale cause de violations systématiques des droits de l'homme envers les Palestiniens, et leur expansion élimine la possibilité d'une solution à deux États. En interdisant les produits originaires des colonies israéliennes, l’Europe contribuerait à soutenir la différenciation entre Israël à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues et les colonies situées dans les territoires occupés.

Nous pensons que l'occupation est moralement corrosive, d’un aveuglement stratégique et extrêmement préjudiciable à la paix. La communauté internationale a pris des mesures insuffisantes pour faire face à cette réalité. L’Europe continue de promouvoir économiquement l’occupation en permettant le commerce avec les colonies israéliennes, qui sont illégales au regard du droit international. Il devrait être clair que le fait de continuer à vendre des produits qui sapent la démocratie en Israël et portent atteinte aux droits fondamentaux des Palestiniens est inacceptable.

En tant qu’Israéliens soucieux de l’avenir de notre pays, nous demandons à l’Union européenne d’interdire l’importation de produits issus des colonies afin de soutenir un avenir juste et sûr pour les Israéliens et les Palestiniens ».

Signataires: Ilan Baruch, ancien ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, en Namibie, au Botswana et au Zimbabwe, Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, Michael Ben-Yair, ancien procureur général d’Israël et ancien juge faisant fonction de la Cour suprême, Abraham Burg, ancien président de la Knesset et ex-président de l’Agence juive, Erella Hadar, ancienne ambassadrice d’Israël en République tchèque, David Harel, vice-président de l’Académie des Sciences, Prix Israël (2004), Prix EMET (2010), Yehoshua Kolodny, Prix Israël (2010), Miki Kratsman, Prix EMET (2011), Alex Levac, Prix Israël (2005), Alon Liel, ancien directeur général au ministère israélien des Affaires étrangères, ancien ambassadeur en Afrique du Sud et en Turquie, Mossi Raz, ancien député, David Shulman, Prix Israël (2016) et Prix EMET (2010) et Zeev Sternhell, Prix Israël (2008).


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Daniel Donner - 21/11/2019 - 11:11

    "Ces personnalités ne peuvent donc être accusés de haine d’Israël ni être décrits comme des traîtres. Comme ils l’expriment, ils sont tous soucieux de l’avenir de leur pays."

    Ils affirment aussi certainement etre de grands democrates, mais ils veulent que le monde impose une marche de conduite a Israel, la leur, parce que lors des elections en Israel ils ne comptent pour rien. De grands democrates!

  • Par Michael Dar - 21/11/2019 - 12:59

    1> Il n'y a pas d'occupation, du moins rien de comparable a l'occupation Nazi des pays Européens en 40. L'on parle d'occupation quand un pays souverain attaque, conquière puis occupe les terres d'un autre pays souverain. Ces territoires n'ont jamais appartenu a un pays souverain et encore moins reconnu. 2. Ces territoires en question sont venu sous "occupation" Israélienne suite aux aggressions arabes dans des guerre défensives. 3. Le parti agressé dans un conflit et a plus forte raison le pays ayant gagné la guerre est en droit de rester et a administrer les territoires conquis dans l'attente d'un règlement pacifiquement négocié et définitif du conflit. 4. De plus le droit des juifs de résider et vivre partout entre le Jourdain et la Mer Méditerranée est confirmé et inscrit dans la loi internationale. En conclusion étiqueter les produits juifs de ces territoires contestés est un acte hostile, partisan, immoral dans la mesure ou les mêmes sanction ne sont pas appliquées pour d'autre pays occupant des territoires ne leur appartenant pas, de plus conquis dans des guerres d'agression. Un des premier principe inscrit dans la charte des Nations Unis est de traiter tout pays de façon égale et equitable. Ce qui n'est pas le cas et est en soi une entrave a la loi internationale.

  • Par ezekiel - 21/11/2019 - 13:29

    Evidemment on retrouve la signature de Elie Barnavi dans ce document. Le contraire eut été étonnant car chaque fois qu'il faut critiquer son pays ce type est en première ligne.
    Vous auriez pu compléter son titre en indiquant : ambassadeur dont le mandat en France a été écourté.

    E.M.

  • Par ezekiel - 21/11/2019 - 13:31

    En tant que juif soucieux de l’avenir de notre pays, je demande que tous les signataires de cette lettre soient déchus de leur citoyenneté et expulser vers la Judée Samarie où ils pourront cohabiter avec leurs frères palestiniens.

  • Par Amos Zot - 22/11/2019 - 9:48

    Il faut appliquer la loi israélienne et empêcher ces énergumènes d'entrer en Israël.Si nécessaire, leur retirer d'abord la nationalité israélienne.

  • Par moumneh - 25/11/2019 - 11:09

    Bravo pour cette démarche courageuse. J'espère que cet étiquetage verra le jour Anne Moumneh

  • Par Mylene Boitbol - 26/11/2019 - 23:20

    Enfin. La .démocratie israelienne ne survivra que par ses justes.

  • Par Hubert zaneco - 29/11/2019 - 13:02

    Le CCLJ. a introduit comme "moto" de son éthique de centre communautaire juif la pensée de Hillel, Un des plus grands penseurs du judaïsme,"Im eyn ani li, az mi li ? Vékché ani léatzmi, ma ani ? Vé im lo akhchav, az matay ?" Elle contient 3 aphorismes dont le premier, "Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?" est la fondation de sa réflexion.
    Si j'insiste sur la première partie, ce n'est pas parce que les deux autres parties sont moins importantes, elles ont autant de valeur, mais l'ordre n'est pas innocent.
    Et s'il est vrai que les signataires ne sont ni antisionistes ni pour le boycott, ils oublient que la majorité des Juifs, en Israël et dans la diaspora, sont toujours devant un danger existentiel. La première nécessité du peuple juif est donc d’abord d’être pour lui. Ni pour le peuple « palestinien », ni pour la « communauté internationale. Les deux autres aphorismes s’appliquent mais après.... Mentionnons en priorité les menaces de destruction d’Israël par l’Iran, l'hostilité de voisins comme la Jordanie, ... Pour parler de la France, la lecture sur Internet de tout un article sur le sujet https://fr.wikipedia.org/wiki/Antis%C3%A9mitisme_en_France, est déjà éloquent. Sans mentionner l’attentat récent de la synagogue de Halle en Allemagne, de l’antisémitisme à Malmö en Suède et de la protection par des militaires des lieux de culte ou d’enseignements.
    Tous les signataires, aussi prestigieux et honorables qu'ils soient, par leur signature ne peuvent se revendiquer que d’une opinion partagée et non pas d’une représentativité d’une majorité des juifs d’Israël ou de la Diaspora. Et en tout cas, leur mutisme le plus complet à ce sujet est digne de la duplicité « diplomatique » !
    L'étiquetage des produits originaires de Judée-Samarie exigée par l'Union Européenne, est une des seules mesures concrètes de « politique étrangère » destinée à soutenir la cause du "peuple" palestinien. La lutte contre l’islamisme, cause de dissensions internes à l’Union Européenne, entre les pays à forte présence d’allochtones musulmans, citoyens ou non, et d’autres nations qui n’acceptent pas l’immigration entre autres d’origine musulmane, est aux yeux de nombreux politiciens, un gage de non-discrimination des musulmans, en quelque sorte un brevet de non-islamophobie.
    Il faut cependant remarquer que le parlement des Pays-Bas, pays où l’Islam est présent en masse, a ses mosquées , et non décrit comme le régime politique de la Hongrie, a aussi refusé cet étiquetage. Même si son gouvernement n’a pas posé son veto ....
    Ce sont des « principes » politiques qui sont à l’origine d’un jugement « politique ». Car les juristes sont devant un problème de fond, la concurrence des sources du droit international. Cette motion, est-ce une coïncidence, vient au moment où l'administration américaine reconnait juridiquement que les territoires de Judée-Samarie ne sont pas une colonie occupée « illégalement » par Israël. Ainsi, les arguments invoqués presque unanimement par « la communauté internationale », sujette à la pratique des votes automatiques à l’ONU, sont devant une contestation de poids.
    Cette décision n'est cependant pas neuve puisque la Cour d'appel de Versailles avait statué la même chose le 22 mars 2013 (https://www.dreuz.info/wp-content/uploads/2019/02/decision-de-la-cour-d-appel-Versailles.pdf) sans recours judiciaire des plaignants. Ainsi, la « concurrence » entre jugements n’émane pas seulement de l’opposition entre les Etats-Unis et l’Europe, mais entre une Cour d’appel française et la Cour européenne qui oublie tout simplement de se référer à une autre source de droit... autre que celle de l’administration Trump.
    Laissons les spécialistes du droit gloser sur cette contradiction évidente. Ceux qui sont pour et ceux qui sont contre ont leur intime conviction ...
    La conclusion concernant cette tribune publiée dans le Gardian est que l’opinion des signataires est scandaleuse de la part de personnalités israéliennes qui ignorent la réalité de l’antisémitisme et qui, pour se rendre intéressant pour l’Union Européenne, s’allient à la « Nation Arabe ». Ils font semblant d’ignorer la réalité historique, la complicité politique des peuples arabes avec Hitler dans leur projet commun d’exterminer les Juifs et dans le refus de toute souveraineté non-musulmane sur le moindre arpent de terre au Moyen-Orient.
    Yad Vashem à Jérusalem et son « Allée des Justes » nous rappelle certes que les exceptions existent. Mais cette Institution témoigne de la condition humaine générale des Juifs. Ainsi , cette tribune confine au « négationnisme » car elle occulte le statut tragique du peuple Juif et d’Israël que l’Europe au passé impérialiste, colonialiste, raciste et antisémite tente encore et toujours de dissimuler . Nous avons ainsi les noms et les signatures de ces « collaborateurs ». Voyons voir qui sont leurs sympathisants.