Israël

Le Président Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan

Mercredi 27 mars 2019 par AFP et la Rédaction

Le président américain Donald Trump a signé lundi à la Maison Blanche, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur ce territoire conquis en 1967 par Israël et annexé en 1981.

 

En pleine campagne électorale dans son pays, M. Netanyahou a déclaré qu'Israël « ne renoncerait jamais » à la majeure partie du Golan syrien conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967, avant de l'annexer en 1981. Territoire «éminemment stratégique pour la sécurité d’Israël, il est riche en eau et surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël. Cette configuration stratégique permet à Israël de se prémunir contre d’éventuelles attaques syriennes.

L’annexion israélienne du Golan qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Le statut juridique du Golan reste inchangé après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté d'Israël sur ce territoire du Proche-Orient, a indiqué lundi le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

« Pour le secrétaire général (Antonio Guterres), il est clair que le statut du Golan n'a pas changé. La politique de l'ONU à l'égard du Golan vient des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et cette politique, à nouveau, n'a pas changé », a-t-il souligné lors de son point-presse quotidien.

Prévues de longue date, des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la Force des Nations unies pour l'observation du désengagement (Fnuod) déployée sur le plateau du Golan doivent se tenir mercredi à New York.

Dès mardi, une réunion mensuelle publique du Conseil sur le Proche-Orient devrait aussi permettre aux membres de l'instance de l'ONU d'évoquer la décision américaine.

L'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Belgique et la Pologne, membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU, ont affirmé mardi dans une déclaration leur rejet de la décision américaine de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan.

En application des résolutions de l'ONU, « nous ne reconnaissons pas la souveraineté d'Israël sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan », ont souligné les ambassadeurs de ces pays européens. « Nous ne les considérons pas comme faisant partie du territoire de l'Etat d'Israël », ont-ils insisté.

« L'annexion d'un territoire par la force est interdit par le droit international", ont-ils rappelé. "Toute déclaration sur un changement unilatéral de frontière va à l'encontre des règles sur l'ordre international et la Charte des Nations unies », a poursuivi leur texte.

La réaction du chef du mouvement chiite libanais Hezbollah n’a pas tardé. Hassan Nasrallah, a appelé à « la résistance au lendemain de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté d'Israël sur la partie du plateau du Golan syrien occupée et annexée. Le Hezbollah est, avec l'Iran et la Russie, un des plus importants soutiens du régime syrien et combat à ses côtés contre les rebelles et les djihadistes. Il est aussi un des ennemis jurés d'Israël.

Toute reconnaissance américaine de la souveraineté d'Israël sur le Golan ne changera pas le statut du territoire - mais renforcera probablement Netanyahou dans les urnes. Cette reconnaissance américaine aura pour effet d’accorder au Premier ministre israélien un autre trophée diplomatique à brandir devant les électeurs israéliens alors que le Premier ministre en exercice tente actuellement de remporter un cinquième mandat. Assiégé par les scandales de corruption, affrontant un défi formidable posé par la formation centriste Kakhol lavan, Netanyahou n’a cessé de mettre ses réussites diplomatiques et ses relations de proximité avec Trump sur le devant de la scène.

« En fin de compte, le statut final de ce territoire devra être déterminé via un accord négocié », a fait remarquer Jeremy Ben Ami, le directeur de J Street, le lobby juif américain défendant la formule des Deux Etats. « Jusque-là, une reconnaissance prématurée de la souveraineté israélienne sur le Golan est une initiative provocatrice qui n’est pas nécessaire, qui contrevient à la loi internationale et qui n’aide pas à renforcer la sécurité d’Israël ».

Les observateurs israéliens les plus critiques de cette réconnaissance estiment que cette démarche pourra surtout compliquer les efforts des Etats-Unis et nuire aux chances de l’administration Trump d’obtenir l’adhésion régionale au plan de paix israélo-palestinien qu’elle prévoit de révéler dans les prochains mois.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Jean-Pierre Cho... - 27/03/2019 - 17:47

    L’acquisition du Plateau du Golan par Israël ne pourra être juridiquement assurée que lorsque les instances internationales l’auront ratifiée... Aujourd’hui, il est très prématuré de l’annoncer comme un fait acquis. Le Président Trump a, semble-t-il, plus pensé aux intérêts de B. Netanyahou qu’aux conséquences diplomatiques, politiques et militaires d’Israël. Que l’Espérance garde saine et sauve la Nation !

  • Par Ezekiel - 27/03/2019 - 20:29

    Merci président Trump pour cette reconnaissance
    Je trouve les pays européens pas vite gêné de dire que l on ne peut pas acquérir des territoires par la force.
    Pour ces ignares je rappelle :
    1) qu Israël a gagné ces territoires à l issue d une guerre non souhaitée
    2) que la France à annexé l Alsace et la Lorraine donc les français feraient mieux de réfléchir avant de proclamer des inepties
    3) que la Belgique à annexés les cantons d Eupen et de Malmedy

    E.M.