Prix Israël

Pour ses 70 ans, l'Etat hébreu met à l'honneur des lauréats de "l'autre Israël"

Mardi 20 mars 2018 par Nathalie Hamou

Sur les 14 personnalités qui vont recevoir le prix d'Israël 2018, la moitié sont des « immigrants » nés en dehors de l’Etat hébreu, et pour partie originaires de pays arabes. Une décision qui précède de peu l’annonce ce mardi de l’ouverture des archives relatives au traitement des immigrants juifs des pays arabes, comme ce fut le cas dans l'affaire des enfants yéménites. 

The Ancestral Sin

Le sujet était largement revenu sur la table après la diffusion voilà moins d’un mois, en prime time sur la chaîne de télévision israélienne publique Reshet, du documentaire The Ancestral Sin, de David Deri, primé lors de festivals, mais qui n’avait pas encore atteint le grand public. Consacré au traitement discriminatoire fait aux immigrants juifs du Maroc dans les années 50 par les fonctionnaires du jeune Etat hébreu, il avait provoqué un vif débat qui n’est sans doute pas étranger à la décision des autorités israéliennes de rouvrir les archives publiques de l’Agence juive pour faire la lumière sur le sujet.

« Un nombre disproportionné d’hommes ashkénazes reçoivent le Prix Israël. Cela doit changer ». Ce cri du cœur lancé début mars par la députée travailliste, Shelly Yachimovich, a semble-t-il été entendu. Sur les 14 personnalités qui recevront le 19 avril prochain le prix d'Israël 2018, à l’occasion des fêtes de l’Indépendance et du 70e anniversaire de l’Etat hébreu, on trouve ainsi deux femmes, ainsi qu’un nombre non négligeable de lauréats juifs d’origine orientale.

En outre, la moitié des personnalités distinguées sont des « immigrants » nés en dehors de l’Etat hébreu, qu’il s’agisse de la Russie, de l’Uruguay, de la Roumanie, de la Pologne et de l’Allemagne, mais aussi du Maroc. Parmi les prochains récipiendaires du prestigieux Prix figurent ainsi le célèbre refuznik Natan Sharansky, l’ex-ministre des affaires étrangères David Levy, ou encore l’éducatrice Miriam Peretz.

Le président sortant de l’Agence juive, Natan Sharansky, célèbre dissident soviétique et activiste des droits de l’Homme, recevra le prix Israël pour la promotion de l’alya et pour le travail accompli avec la communauté juive de la Diaspora.

« Sharansky est l’histoire d’Israël. Anatoly Sharansky a été prisonnier de Sion dans une prison soviétique pendant presque une décennie », a déclaré le ministre de l’Education, Naftali Bennett, se référant à Sharansky par son nom russe. « Il est devenu un symbole pour tous ceux qui sont en prison pour avoir voulu vivre en tant que Juifs libres et fiers et qui ont espéré vivre en Israël ».

L’ancien chef de la diplomatie David Levy, âgé de 80 ans, politicien du Likoud qui a défendu la cause des Juifs d’origine moyen-orientale, a été récompensé pour l’ensemble de son parcours. Né à Rabat, au Maroc, il a émigré en Israël en 1957, avant d’entrer à la Knesset en 1969 et de devenir député jusqu’en 2006, pour le parti du Likoud pendant la majorité de ses mandats. « L’histoire personnelle de David Levy est l’histoire d’un petit garçon qui a émigré en Israël depuis Rabat, au Maroc, vers un camp de transit, puis dans une ville en développement et qui, de là, a sauté au cœur de l’activité politique et sociale dans le melting-pot de la société israélienne », a écrit la commission qui lui a décerné le prix.

Levy a été l’un des tous premiers hommes d’origine sépharade à s’élever à un haut-poste gouvernemental dans un système politique dominé par les élites ashkénazes venant d’Europe.

Née à Casablanca (au Maroc), Miriam Peretz, qui s’est installée en Israël à l’âge de 10 ans, s’est pour sa part distinguée dans le domaine de l’éducation. Elle a aussi perdu deux fils au combat. En 1998, son fils aîné, Uriel est mort au Liban à l’âge de 22 ans. Eliraz, qui œuvrait au sein de l’unité d’élite Sayeret Golani comme son frère, a été tué lors de l’opération Plomb durci, en 2010, à Gaza. En 2014, elle avait été choisie pour allumer une torche pour célébrer la 66e Journée de l’indépendance.

Le premier lauréat à avoir été annoncé pour l’année 2018 n’est autre que le célèbre écrivain israélien, David Grossman, figure de proue de la littérature israélienne, et un intellectuel très engagé dans le combat pour la paix.

Parmi les autres récipiendaires, on peut citer Yehuda et Yehudit Bronicki, fondateurs du groupe de géothermie Ormat, dans la catégorie  industrie ; Gil Shwed, directeur général de l’entreprise de cyber-sécurité israélienne Check Point Software Technologies pour la high tech ; sans oublier Sergiu Hart, en économie, Shlomo Havlin, en sciences physiques, Alex Lubotzky, en mathématiques et sciences informatiques. Mais aussi Yitzhak Schlesinger, en psychologie, Ron Ben-Yishai, en journalisme, Elisha Qimron, en études juives et Edwin Seroussi dans la catégorie musique.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par HENRI - 25/03/2018 - 13:51

    Puisse l état juif aussi reconnaître les dirigeants communautaires belges qui se dépensent sans compter pour la défense d Israël à l instar de Monsieur Simon Bretholz qui ne ménage aucun effort depuis son accession à la prestigieuse présidence de la fédération sioniste de Belgique

  • Par René - 29/04/2018 - 19:01

    Je suis d'accord avec Henri pour que Mr Bretholz aussi appelé l'homme des Marches de la Bourse soit récompensé par le gouvernement israélien pour le travail qu'il accomplit sans arrêt pour la défense d'Israël et de l'identité sioniste.
    Puisse le président Rivlin entendre cet appel et agir en conséquence.

    René

  • Par Dov - 3/05/2018 - 13:16

    Henri et René
    Il n est pas trop tard pour consulter car à vous lire vous êtes gravement atteint
    Comment est ce possible d écrire une telle absurdité
    Vous insultez ceux qui font vraiment quelque chose pour Israël en nominant des gens qui ne font que défendre leur ego tout personnel
    Puisse le président Rivlin ignorer totalement vos suggestions ridicules