Israël

Le nouveau chef du parti travailliste veut ratisser large

Lundi 16 octobre 2017 par Nathalie Hamou

Avi Gabbay a déclaré ce week-end qu’il ne souhaitait pas associer les partis arabes à une coalition gouvernementale. Ses détracteurs lui reprochent d’opérer un virage à droite.

Avi Gabbay

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    Propulsé cet été et contre toute attente à la tête du parti travailliste, Avi Gabbay joue la carte du consensus. Avant de se faire élire en juillet dernier, il avait assuré que le temps était venu pour « le public arabe (20% de la population israélienne), d’avoir une réelle représentation au sein du gouvernement ». Le patron d’Avoda avait toutefois fait valoir que la « Liste arabe unie » incluait des figures anti-sionistes comme Hanin Zoabi et Jamal Zahalka et que, dans sa formulation actuelle, il ne serait pas possible de coopérer avec cette formation d’opposition.

    Enfonçant le clou le week-end dernier, le nouveau leader du centre gauche a déclaré que son parti ne participerait pas à une coalition gouvernementale associant la Liste arabe unie, la seule formation majoritairement arabe de la Knesset (120 députés), où cette alliance détient 13 sièges, contre 19 sièges pour l’Union sioniste (associant les travaillistes au parti Hatnuah de Tzipi Livni).

    « Nous n’y prendrons pas part avec eux et sans aucun équivoque », a indiqué Avi Gabbay, s’exprimant lors d’un événement culturel à Beer Sheva. « Je ne vois rien qui nous relie à eux ou qui nous permette d’être dans le même gouvernement qu’eux ». Avant d’ajouter que le parti travailliste devrait être la « maison de tous les Israéliens ». Pas de quoi satisfaire ses détracteurs. Le leader de La Liste arabe Unie, Ayman Odeh, a ainsi accusé ce dirigeant de « renoncer à offrir une alternative à la droite ».

    « Pas sûr qu'Israël ait un partenaire… » 

    Ayman Odeh a rappelé que les partis arabes n’avaient pas été partie prenante du gouvernement constitué par Yitzhak Rabin dans les années 90, mais qu’ils lui avaient apporté son soutien extérieur. « Cette option existe dès lors qu’il nous apparaît clairement que le gouvernement s’engage dans la voie de la paix et de l’égalité », a précisé le numéro 1 de la Liste arabe unie.

    Faisant écho à ce débat, l’éditorial du journal Haaretz intitulé « Une gauche réservée aux Juifs » a également critiqué le fait qu’Avi Gabbay choisisse de disqualifier par avance les partis arabes. « Le message qu’il envoie au public israélien est que l’Union sioniste ne constitue qu’un énième parti de droite déguisé. Un parti excluant les Arabes du jeu politique (…) Le parti travailliste n’a cessé de virer à droite ces dernières années et c’est l’une des principales raisons de son échec permanent »,  pouvait-on lire, ce lundi 16 octobre, dans les colonnes du quotidien israélien libéral.

    Il est vrai que la marge de manœuvre électorale d’Avi Gabbay reste étroite. Lors de prochaines élections, son parti aurait besoin de 27 sièges pour former un gouvernement dans le cadre d’un partenariat présumé avec environ 11 membres du parti centriste de Yair Lapid, « Yesh Atid ». De sorte que le chef du parti travailliste a tout intérêt à afficher des positions consensuelles.

    Lors d’un congrès organisé ce dimanche par son parti à Dimona, Avi Gabbay a ainsi confié au sujet du conflit israélo-palestinien, « qu’il n'est pas sûr qu'Israël ait un partenaire… de l’autre côté ». « Ces derniers mois, je rencontre beaucoup de dirigeants et d’experts en défense impliqués dans les négociations avec les Palestiniens », a raconté Avi Gabbay, « et lorsque je leur demande si Israël a un partenaire avec lequel nous pourrions conclure un accord, la moitié des interlocuteurs me répond oui, et l’autre moitié me répond non ».


     
     

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