Concours Eurovision 2018

Netta Barzilai, l'atout maître d'Israël

Dimanche 13 mai 2018 par Nathalie Hamou avec AFP

Grâce à une chanson inspirée par l'esprit du mouvement d'émancipation des femmes #MeToo, plébiscitée par des millions de téléspectateurs, la jeune candidate au look atypique a remporté, pour la quatrième fois dans l'histoire d'Israël, le Concours Eurovision de la chanson, dont la finale se tenait ce samedi 12 mai 2018 à Lisbonne. Une très heureuse nouvelle qui coïncide parfaitement avec le 70e anniversaire du pays.

 

Qu’elle remporte ou non une victoire, impossible de passer à côté du phénomène Netta Barzilai ! Dotée d’un style atypique, l’Israélienne de 25 ans qui représentera son pays lors de la finale de l’Eurovision, avec une chanson féministe, a d’ores et déjà battu tous les records de popularité… Donnée favorite par plusieurs bookmakers internationaux de ce concours, dont la finale aura lieu ce samedi 12 mai à Lisbonne, Netta Barzilai devra certes démontrer que sa prestation peut faire la différence.

En compétions avec 26 artistes, l’artiste israélienne devra notamment l’emporter face à la chypriote Eleni Foureira qui s’est imposée mardi dernier lors de la demi-finale… Tout comme elle devra convaincre face au duo français « Madame, Monsieur », composé d’Emilie Satt et Jean-Karl Lucas, dont la chanson « Mercy », inspirée de l’histoire d’une petite fille nigériane née sur un bateau humanitaire, est dédiée à la cause des réfugiés…

Il n’empêche. Netta Barzilai, qui a gagné le télé crochet Rising Star, avant de tenter sa chance auprès du comité de sélection pour l’Eurovision, peut déjà afficher le sourire. Le clip de son hymne électro-pop « Toy », qui fait l’apologie des femmes ayant une forte personnalité, dépasse déjà les 20 millions de vues sur YouTube ! Le parcours de l’artiste sort totalement des sentiers battus.

La jeune femme, qui a passé quelques années de son enfance au Nigeria, a étudié la musique dans une école de Tel-Aviv. Elle a ensuite formé le collectif Experiment, avec un goût prononcé pour les impros délirantes. Sur scène, elle s’accompagne d’un système audio qui lui permet d’enregistrer sa voix et de la transformer à l’envie durant sa performance.

Interrogée par le site Wiwibloggs, elle a expliqué que « « Toy » porte un message important et le décrit comme « le réveil du pouvoir féminin et de la justice sociale, dans un emballage joyeux et coloré » ». Le titre a été co-écrit par deux compositeurs de chansons locales à succès, Stav Berger et Doron Medalie.

D'après Wiwibloggs, « Toy » aurait été inspiré par le mouvement #MeToo. De son côté, Doron Medalie a confié Times Of Israël que « cette chanson doit faire danser tout le monde, avec un rythme joyeux rappelant la pop asiatique » dont lui et Netta sont fans. La contribution de Netta Barzilai a consisté à ajouter des références au personnage Pikachu de Pokémon qu'elle adore et à celui de « Wonder Woman », incarnée par l'actrice israélienne Gal Gadot au cinéma.

La représentante israélienne peut aussi s’enorgueillir d’avoir fait taire les voix de BDS. Le mouvement pro-palestinien avait en effet lancé une campagne de mise à l’index à son encontre. Au motif que Netta Barzilai a effectué son service militaire dans les rangs de Tsahal. L’artiste faisait partie de la troupe musicale de la Marine en 2014.

Dans un matraquage intitulé « Eurovision boycott of Israel - ZERO points to the song of Israeli Apartheid », BDS a demandé que l’Etat hébreu ne soit pas crédité d’un seul point lors de la compétition télévisée, l’interdiction d’Israël à participer au concours de l’Eurovision et la fin de son « adhésion à l’Union européenne de radio-télévision », appelant les partisans du mouvement de boycott à contacter l’organisation. En vain.

La chanson "Toy" de Netta Barzilai, située aux antipodes d'une typique diva télégénique en raison de son surpoids, se voulait un appel à l'émancipation féminine et contre toute forme de harcèlement.

"Merci pour avoir accepté la différence et célébré la diversité", a réagi la chanteuse en pleurs, sur la scène de l'Altice Arena, la plus grande salle de spectacle du Portugal. "J'adore mon pays", a-t-elle encore lancé devant 11.000 personnes enthousiastes arborant drapeaux ou vêtements aux couleurs de leurs nations respectives.

Israël avait déjà remporté l'Eurovision à trois reprises, en 1978, 1979 et en 1998, il y a tout juste vingt ans, avec la chanson « Diva » interprétée par l’artiste transsexuelle Dana International.

Favorite des bookmakers pendant des semaines, Netta Barzilai succède ainsi au chanteur portugais Salvador Sobral, vainqueur l'an dernier à Kiev.



 
 

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