Israël/Expo

Mike Brant dans tous ses états

Lundi 3 juin 2019 par Nathalie Hamou

L’exposition « Moshé : Mike Brant Superstar » dédiée au chanteur culte de « Dis-lui » a été inaugurée à Holon. La première jamais organisée en Israël en hommage à l’artiste natif de Chypre, élevé à Haïfa, et installé à Paris.

Carte du Super-Fan

Tout le monde connaît Mike Brant, né Moshé Brand en 1947, ses disques d’or et sa fin tragique. Natif de Chypre, le chanteur issu d’une famille de survivants de la Shoah a grandi dans un kibboutz de Galilée, puis à Haïfa. Mais curieusement, jamais Israël n’avait consacré d’exposition digne de ce nom au chanteur de « Dis-lui » et « Laisse-moi t’aimer ». Cet oubli est désormais réparé. Grâce à la contribution de son frère Zvi et de la galerie Beit Meirov, sise à Holon en banlieue de Tel-Aviv, « Moshé » retrace l’itinéraire de l’artiste dans le cadre d’une série d’expositions déjà dédiées à d’autres héros culturels du pays (Ofra Haza, Dana International et Tzvika Pik, trois grands noms de la chanson), organisées pendant la saison du Design de Holon.  

Conçu par Rafi Vazana et Ilana Carmeli-Lenner, le parcours donne un aperçu des moments clé de la vie de Mike Brant à travers une collection exclusive d'objets originaux préservés et rassemblés de son vivant et après son suicide à Paris, en 1975. L'exposition présente notamment des vêtements conçus pour Mike Brant de 1970 à 1975 : costumes, manteaux, accessoires de mode et chaussures. Sont également exposés des disques d'or, des prix et des certificats, les premières images de son album privé, des extraits du documentaire « Mike Brant : Laisse-moi t'aimer » et toutes sortes d'objets de collection. 

Pour Rafi Vazana, interrogé par le quotidien israélien Haaretz, la principale caractéristique de Mike Brant était son audace tant sur le plan artistique que sur le plan marketing. Non seulement le chanteur a osé quitter son pays et sa famille à l’âge de 22 ans, pour s’installer à Paris, lui qui parlait à peine le français, mais rêvait d’emblée de devenir une star. L’artiste, qui a démarré sa carrière française grâce à des interprètes comme Carlos et Dalida, a surtout initié un processus par lequel « Moshé Brand de Haïfa pourrait se réinventer en Mike Brant, pop star française et célébrité internationale ».

Etre une star, pour lui, « c’était combiner plusieurs choses : musique, art, talent, mais aussi un look, un style », poursuit Rafi Vazana, en évoquant notamment sa manière très « rebelle » de porter le jean, ce qui s’appelle aujourd’hui la construction d’une marque (branding). Epuisé par le rythme effréné de sa carrière météorique, affecté par la Guerre de Kippour, hanté par le spectre de la Shoah, il est traité pour dépression.

Le chanteur avait déjà tenté de mettre fin à ses jours à Genève, avant de se jeter du haut d’un immeuble parisien, le lendemain de l’enregistrement de « Dis-lui ».

Un mois plus tard, sa mère et son frère s’étaient rendus à Paris pour récupérer ses effets personnels et sauver quelques souvenirs après avoir livré une bataille ardue avec ses managers. Son immense succès s’est alors « retrouvé confiné dans une simple petite valise ».

Le chanteur est enterré dans le cimetière Camp David de Haïfa en Israël.


 
 

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