Israël

Une Marche de l'espoir pour la paix

Jeudi 6 octobre 2016 par Nathalie Hamou

Le mouvement « Les femmes font la paix » organise une grande marche pendant 15 jours dans tout Israël, pour que les dirigeants de l’Etat hébreu s’engagent sur la voie d’accords politique.

La résolution du conflit israélo-palestinien viendra-t-elle des femmes ? Alors que les rumeurs (à ce jour démenties) de formation d’un gouvernement national avec le chef de l’opposition, Yitzhak Herzog (allié à Tzipi Livni), sont reparties de plus belle, l’activisme au féminin ne connaît pas de trêve. Par un hasard de calendrier, deux initiatives ont fait les gros titres de la presse israélienne cette semaine. Côté mer, le voilier « Zaytouna Oliva », parti depuis deux semaines de Barcelone, avec un équipage composé d’une quinzaine de femmes de diverses nationalités, a tenté, ce mercredi 5 octobre, d’approcher la Bande de Gaza.

Parmi les militantes se trouvant à bord du « bateau des femmes » : l’Irlandaise Mairead Maguire, prix Nobel de la Paix en 1976, une médecin de Malaisie, Fauzia Hasa, ou l’ex-colonel de l'armée américaine et diplomate, Ann Wright, qui a démissionné en 2003 en opposition à l'invasion de l'Irak.

Leur objectif ? Réclamer l’arrêt du blocus maritime de Gaza et sensibiliser les dirigeants au sort des Palestiniennes. Une flottille exclusivement féminine que la marine israélienne s’est chargée d’intercepter hier en fin d’après-midi, selon le protocole en vigueur, et d’escorter jusqu’à la ville portuaire d’Ashdod… Une opération qui s’est déroulée sans incident.

Côté terre, et jouant sur un registre plus soft, près de 2.000 femmes de tous bords politiques et sociaux, réunies à Rosh Hanikra, à la frontière nord d’Israël, ont donné le coup d’envoi, mardi 4 octobre, à la « Marche de l’espoir ». Il s'agit cette fois d'une initiative du mouvement « Les femmes font la paix » (Women Wage Peace - WWP) appelant les dirigeants israéliens à s'engager sur la voie d'accords politiques pour mettre fin au conflit avec les Palestiniens. 

Concrètement du 4 au 19 octobre 2016, des milliers de Juives et Arabes, des membres de la Knesset, des élus locaux, des artistes, des Palestiniennes et des Jordaniennes doivent prendre part à cette marche de 15 jours - soit au total 200 km à parcourir, à raison de 5 à 10 km par jour aux quatre coins du pays. Une mobilisation qui s'achèvera par un grand rassemblement devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem.

Parmi les sympathisantes de l'étranger qui se joindront au cortège : l’activiste pacifiste Leymah Gbowee, lauréate du Prix Nobel de la Paix en 2011, pour avoir œuvré en faveur de l'arrêt des combats et des effusions de sang au Liberia. « De nombreux évènements de solidarité se tiendront parallèlement à travers le monde, notamment en Egypte, en Tunisie, au Maroc, aux Etats-Unis, au Mexique, au Japon, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France », précise le mouvement WWP, créé il y a deux ans dans la foulée de l'opération militaire israélienne à Gaza, « Bordure protectrice ».

« Il s’agit du mouvement de terrain le plus important en Israël, qui ne soutient aucune initiative particulière, et agit uniquement sous forme de groupe de pression auprès des décideurs, avec pour toute croyance l'obligation des femmes de prendre la responsabilité de l'avenir de leurs enfants », précise Marie-Lyne Smadja, l’une des fondatrices de WWP, soutenu par plus de 20.000 personnes, dont 9.000 membres actifs.

L’autre credo du mouvement est que l’engagement des femmes « ne pourra qu'augmenter les chances d'une paix viable », conformément à la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU votée en octobre 2000. Autrement dit, que les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention et le règlement des conflits comme dans la consolidation de la paix.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par BOAZ - 6/10/2016 - 19:17

    Il me paraît hasardeux de mettre sur le même plan l'initiative de femmes qui veulent bâtir des ponts et les gesticulations d'une poignée de viragos qui veulent créer le buzz avec leur indignation hémiplégique. Elles vont jouer les martyres pour avoir passé quelques heures de garde à vue dans les locaux du port d'Ashdod.

    Il suffit de savoir qu'elles sont patronnees par l'ineffable Christiane Hessel.