Flash-back

Jean-Paul II en visite en Israël (21 mars 2000)

Mardi 6 mars 2018 par Tarbout
Publié dans Regards n°878 (1018)

Le Pape Jean-Paul II a entamé sa première visite en Israël le 21 mars 2000. Accueilli à l’aéroport de Lod par le Président Ezer Weizman et le Premier ministre Ehoud Barak, le Pape s’est ensuite rendu à la résidence du Président à Jérusalem où il a rencontré les grands rabbins et des survivants juifs de Wadowice, sa ville natale en Pologne.

 

La visite de Yad Vashem est le point d’orgue de sa visite officielle. Jean-Paul II n’est pas n’importe quel pape : jeune séminariste polonais, alors Karol Wojtyla, il a été le témoin de l’extermination des Juifs durant la guerre ; il a joué un rôle déterminant dans le rapprochement judéo-chrétien, notamment en se rendant en 1986 à la grande synagogue de Rome pour évoquer les Juifs comme des « grands frères » ; il s’est engagé activement dans le processus de normalisation des relations entre le Vatican et Israël à partir de 1993.

« En tant qu’évêque de Rome et successeur de l’apôtre Pierre, j’assure le peuple juif que l’Eglise catholique, motivée par la loi évangélique de vérité et d’amour et non par des considérations politiques, est profondément attristée par la haine, les actes de persécution et les manifestations d’antisémitisme dirigées contre les Juifs par des chrétiens en tous temps et en tous lieux », a déclaré Jean-Paul II. Certains ont salué son allocution. Ehoud Barak a notamment souligné qu’il a fait plus qu’aucun autre dirigeant de l’Eglise pour « panser les plaies amères qui ont suppuré durant de nombreux siècles ».

Pour d’autres, beaucoup plus nombreux, la visite du Pape à Yad Vashem est un rendez-vous manqué. Après avoir maladroitement parlé trois fois en deux jours des préjugés antichrétiens chez les Juifs (en réalité inexistants) et défini l’extermination des Juifs d’Europe comme le résultat exclusif d’une « idéologie sans Dieu », Jean-Paul II a déçu les espoirs de ceux qui attendaient surtout la reconnaissance de la responsabilité historique de l’Eglise catholique et de sa doctrine dans la diffusion de l’antisémitisme en Europe. Et surtout, le Pape n’a prononcé aucun mot sur l’attitude de l’Eglise durant la Shoah. Il n’a pas non plus demandé pardon pour le silence de son prédécesseur Pie XII, pape en fonction pendant la Seconde Guerre mondiale, « un pape qui n’a pas dit un mot alors que des rivières de sang coulaient dans toute l’Europe », a déploré le Grand Rabbin ashkénaze Meïr Lau.

S’il y a bien un point sur lequel la visite de Jean-Paul II a fait l’unanimité en Israël, c’est son impact sur la mobilité des Israéliens : cette visite officielle s’est surtout soldée par des embouteillages monstres et des contrôles de sécurité renforcés.


 
 

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