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L'éphémère accord de paix entre Israël et le Liban (17 mai 1983)

Mardi 1 mai 2018 par Tarbout
Publié dans Regards n°882 (1022)

Avec l’invasion du Liban en juin 1982, Ariel Sharon, le ministre de la Défense du gouvernement Begin, a échafaudé un plan global dont l’objectif est la redéfinition de la carte géopolitique du Proche-Orient.

De gauche à droite: Antoine Fattal, William Draper et David Kimche

Cette campagne militaire doit permettre à Israël de détruire les bases de l’OLP au Liban, chasser l’armée syrienne et consolider un Etat libanais fort dirigé par Bachir Gemayel, le chef chrétien des Forces libanaises auquel Israël s’est allié. Tout cela devant aboutir à la conclusion d’un traité de paix avec ce nouvel Etat libanais allié d’Israël.

Mais le plan ambitieux d’Ariel Sharon s’écroule comme un château de cartes en se heurtant à la complexité meurtrière de la mosaïque libanaise. Elu à la présidence de la République le 23 août 1982 par le Parlement libanais, Bachir Gemayel est assassiné le 14 septembre. Les miliciens chrétiens des Phalanges libanaises pénètrent dans la nuit du 16 septembre 1982 dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila où ils massacreront près de 2.000 civils pendant trois jours pour venger la mort de Gemayel qu’ils attribuent à l’OLP.

Ce carnage commis sous les yeux des troupes israéliennes provoque une vague de contestations sans précédent en Israël et contraint le gouvernement Begin à sauver les meubles en tentant d’aboutir à un accord de paix avec le Liban sécurisant le Nord d’Israël. C’est ainsi qu’à l’automne 1982, le Président Amin Gemayel (frère de Bachir) confie au diplomate et professeur de droit international Antoine Fattal la mission de mener les négociations secrètes d’un accord de paix avec Israël.

Menées alternativement au Liban et en Israël, ces négociations laborieuses ont failli capoter lorsqu’Ariel Sharon a révélé leur existence à la presse. Toutefois, sa démission du gouvernement en mars 1983 les a relancées. L’accord sera signé le 17 mai 1983 par l’Israélien David Kimche, directeur adjoint du Mossad et diplomate, l’Américain William Draper, ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth et le Libanais Antoine Fattal. Selon les termes de l’accord, Israël se retire des territoires libanais qu’il a occupés contre un engagement libanais de contrôler sa frontière avec Israël.

A peine signé, cet accord de paix est contesté par un front du refus soutenu par la Syrie. Les Druzes attaquent alors dans le Chouf les chrétiens maronites lâchés par les Israéliens qui découvrent alors avec stupeur le fanatisme et la violence des chiites libanais. Amin Gemayel n’a plus d’autres choix que de se dédire en abrogeant purement et simplement les accords de paix israélo-libanais le 5 mars 1984 et en fermant le 25 juillet le bureau de la mission israélienne de Dbaiyeh (nord de Beyrouth).


 
 

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  • Par Martin - 23/05/2018 - 14:01

    L occasion était trop belle pour vous de critiquer une fois de plus le gouvernement israélien et spécialement le meilleur premier ministre qu ait connu Israël à savoir A. Sharon et cela toujours avec le silence insupportable des représentants officiels d'Israël en Belgique qui ne sont pas fichus de vous remettre à votre place

  • Par Ezekiel - 24/05/2018 - 8:14

    C était couru d avance puisque cela fait partie de l objet social officieux de ce centre communautaire. Critiquer, critiquer et encore critiquer le gouvernement légitime de l État d'Israël tant qu il ne sera pas de gauche. Autant dire que cela va encore durer de très longues années