Israël

Un corrompu remplace un violeur au ministère de l'Intérieur

Lundi 11 janvier 2016 par Stéphane Meyer

Arié Deri, le chef de fil du Shass (parti religieux orthodoxe sépharade) ayant été incarcéré près de deux ans pour corruption, a repris son poste de ministre de l'Intérieur en Israël après la démission de Silvan Shalom (Likoud) suite à des accusations graves d’harcèlement sexuel.

 

Le gouvernement a entériné la nomination d’Arié Deri, leader du Shass et ministre du Développement de la Galilée et du Néguev, en remplacement de Sylvan Shalom qui a quitté ses fonctions le 20 décembre 2015.

Agé de 56 ans, Arié Deri avait déjà occupé le poste de ministre de l'Intérieur de 1988 à 1993. Il avait été ensuite condamné en 2000 à trois ans de prison pour avoir touché un pot-de-vin de 155.000 dollars, ainsi que pour fraude et abus de confiance. Sa peine avait été réduite pour bonne conduite.

Après une traversée du désert, Arié Deri avait réussi à se faire élire en 2013 comme député puis à reprendre la direction du Shass. Il a été réélu à la Knesset lors des dernières élections générales de 2015.

L'appui du Shass, qui compte sept députés, est déterminant pour le Premier ministre Benjamin Netanyahou, dont la coalition ne dispose que d'une seule voix de majorité au Parlement.

Le retour d'Arié Deri au ministère de l'Intérieur ne fait pas l’unanimité en Israël. Des journalistes et des observateurs de la vie politique israélienne ont dénoncé le retour d'un « corrompu » à l'Intérieur tandis que d'autres soulignaient qu'il avait « payer sa dette » à la société.

Au-delà de l’éternelle question de la rédemption d’un délinquant ou d’un criminel, on ne peut s’empêcher de songer au rapport très problématique qu’entretient le monde religieux israélien avec la justice et l’éthique en démocratie. Et à cet égard, le cas d’Arié Deri illustre ce problème jusqu’à la caricature.

Lorsqu’il a été arrêté, jugé et condamné, la popularité d’Arié Deri n’a pas du tout été entamée par ce scandale politique. Bien au contraire, l’électorat du Shass et le monde religieux dans son ensemble y ont vu l’expression de l’arrogance d’une justice aux mains de magistrats laïques arrogants et méprisants envers le petit peuple attaché à la tradition religieuse. Et dans le cas précis de Déri, Juif d’origine marocaine, il s’agit d’une preuve supplémentaire de l’humiliation qu’inflige l’élite ashkénaze aux Juifs orientaux.

Et le mépris que le monde religieux orthodoxe et ultra-orthodoxe nourrit envers la démocratie et ses institutions ne contribue pas à arranger les choses. Car pour eux, les institutions démocratiques et l’Etat de droit seront toujours inférieurs à la loi divine qui l’emporte sur celle des hommes.

Dans ce contexte, une condamnation pénale et une peine d’emprisonnement ne trahissent jamais un comportement politique ou moral inacceptable. Pire, dans certains cas, c’est même bien vu de piquer dans les caisses de l’Etat car cela permet de mieux financer les nombreuses institutions religieuses liées à ces partis et à ces hommes politiques corrompus. Comme si l’éthique religieuse avait d’autres critères.

Arié Deri n’est d’ailleurs pas le premier responsable du Shass à avoir effectué un séjour derrière les barreaux. On ne compte plus les maires, les conseillers municipaux ou les fonctionnaires liés à ce parti ayant déjà été condamnés par la justice israélienne.

Aujourd’hui, Arié Deri retrouve un ministère de l’Intérieur qu’il était contraint de quitter suite à ses ennuis judiciaires. Comme ce ministère n’a pas la main sur la police, les apparences sont sauvées et le premier flic d’Israël ne sera pas un ancien repris de justice ! Il n’empêche, la « seule démocratie du Proche-Orient » ne montre guère l’exemple de la probité ni de la rigueur morale. 


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par michel - 12/01/2016 - 21:13

    Je suis scandalisé par le titre de votre article qui porte des accusations graves contre une personne alors qu'une enquête est en cours et que sa culpabilité n'a pas été établie.

    Ce faisant vous vous mettez au niveau de Sud Presse c'est-à-dire que vous vous assimilez vous même à une presse de caniveau.

    J'ose espérer qu'un sympathisant de la personne concernée lui fera parvenir ce texte et que celle-ci vous intentera un procès bien mérité et qui entraînera une sévère condamnation ce qui vous apprendra peut être à ne plus écrire n'importe quoi.

    On peut être comme moi un ami du CCLJ, centre communautaire exceptionnel que je fréquente assidument, mais on ne peut pas cautionner n'importe quoi.

    Ici vous avez dépassé les limites.

    Je le regrette.

    Michel

  • Par Willy lermer - 13/01/2016 - 10:30

    Un peu de respect pour les personnes, messieurs les "humanistes et progressistes" ! Priere de ne pas condamner un homme comme violeur, alors qu'il n'est même pas passé en justice et condamné. Bien que Sylvain Shalom soit de droite, îl a droit au meme respect que tout autre, eh à la présomption d' innocence. Pour Déry, vous avez raison, c'est un repris de justice et une vraie crapule. Moi-même étant de droite, je réprouve ce choix de Nethanyahou, car non éthique et qui met à mal l’intégrité du pouvoir dans le pays.

  • Par ezekiel - 13/01/2016 - 14:40

    Pour Michel et Willy

    Vos remarques sont totalement exactes mais vous savez aussi que le CCLJ ne ratera jamais une occasion de critiquer le premier ministre israélien et ceux qui l'entourent donc il était normal de lire de telles abominations sur ce site.

    Je suis d'accord avec vous Michel et j'espère sincèrement que cette fois ci le CCLJ sera poursuivi en justice et sévèrement condamné pour qu'il comprenne qu'on ne peut pas écrire n'importe quoi. J'espère aussi que le tribunal ordonnera la publication de son jugement dans plusieurs journaux en ce compris le Regards.

    Mes salutations

    E.M.

  • Par philippe J. - 13/01/2016 - 14:52

    Je ne pas les auteurs de ces commentaires indignés. J'aime beaucoup Israël où je passe au six mois par an et je ne parviens pas du tout à me faire à l'idée de voir ce repris de justice ayant sans scrupule et sans regret détourné de l'argent public. Il y a un véritable estompement de la norme en Israël.
    Je ne pense qu'un homme aussi intègre que Menachem Begin, Zikhona Livrakha, aurait accepté ce sinistre individu dans son gouvernement.

    Philippe

  • Par Laurent Grünwald - 13/01/2016 - 14:57

    Je ne pense pas qu'Ezekiel connaisse le droit belge ni le droit israélien en la matière. Aucune base légale ne permet de poursuivre le CCLJ pour cet article. Si c'était le cas, la Belgique et Israël se retrouveraient dans une situation à la turque ou à la russe.

    Laurent

  • Par Larry - 13/01/2016 - 16:57

    Monsieur Grünwald,

    Vous voulez donc dire qu'en Belgique et en Israël on peut impunément traiter quelqu'un de violeur sans que cette personne ait été condamné pour de tels faits.

    Je crains fort pour le CCLJ que vous vous trompiez.

    En effet le code pénal belge, en son article 443 et suivants, énumère une série de délits qui constituent des infractions au droit au respect de la vie privée en ce que les faits incriminés ont pour effet notamment de ternir la réputation ou d'attenter à l'honneur d'une personne. Il s'agit en l' occurrence de la calomnie, de la diffamation, de l'injure, de la dénonciation calomnieuse et de la divulgation méchante.

    Nous nous trouvons ici face à un cas de calomnie. La calomnie est le fait d'imputer méchamment à une personne déterminée (ici le Ministre Shalom) un fait précis qui est de nature à porter atteinte à l'honneur de cette personne ou à l'exposer au mépris public et dont la preuve légale n'est pas rapportée alors que la loi admet la preuve du fait imputé.
    ici le forum du CCLJ au travers de Monsieur Stéphane Meyer reproche à Monsieur Shalom d'être un violeur sans en apporter la preuve.

    Veuillez noter aussi que les articles 275 à 282 et 383 à 385 du Code Pénal érigent en infractions les outrages notamment envers les ministres.

    Tellement choqué que je suis par cette insulte à titre gratuite envers un membre du gouvernement israélien, je suis prêt à apporter mon concours à toute personne, en Belgique ou en Israël, qui souhaiterait porter l'affaire devant les tribunaux au vu de ce qui est indiqué plus haut.

    Dans une démocratie, on ne peut pas tout accepter.

  • Par Rudi - 13/01/2016 - 19:22

    Comme le mot "viol" n'est pas mentionné dans l'article même, il n'y a pas beaucoup de doute qui reste que le titre est écrit par le CCLJ même. Dans ce cas je ne vois qu'une personne capable d'une telle diffamation. Tout le monde m'aura bien compris.

  • Par larry - 13/01/2016 - 20:02

    Rudi,

    Le mot "viol" n'est peut être pas indiqué dans le corps de l'article , mais le titre reprend le terme "violeur".

    En soi c'est donc d'une extrême gravité mais je ne saisis pas à qui vous faites allusion quand vous écrivez : " Dans ce cas je ne vois qu'une personne capable d'une telle diffamation. Tout le monde m'aura bien compris."

    On aurait pu au vu des différents commentaires repris sur le forum au moins lire des excuses de l'auteur ou de celui qui se cache derrière le nom de Stéphane Meyer.

    J'ai transmis mon analyse juridique à un sympathisant belge du Likoud qui fera remonter l'information à qui de droit m'a t-il promis. Espérons qu'il en soit ainsi.

    J'ajoute à titre personnel que je ne comprends pas que l'ambassade d'Israël n'ait pas réagi à cet article un ministre même démissionnaire du gouvernement ayant été insulté publiquement. Toute autre représentation diplomatique aurait réagi mais une fois encore celle d'Israël à Bruxelles est bien silencieuse.

  • Par ezekiel - 13/01/2016 - 21:41

    Philiipe J

    Comme vous je suis choqué par la réintégration de Mr Deeri au sein du gouvernement israélien.
    Comme vous je suis convaincu que Menahem Begin n'aurait jamais accepté un tel retour.

    Ceci n'empêche que j'ai le droit d'être choqué par les accusations sans fondement que fait Stéphane Meyer à l'encontre de Sylvan Shalom en disant du lui que c'est un violeur alors que la justice ne l'a pas condamné pour ce crime. A tout le moins et je mesure mes mots c'est incorrect de la part de l'auteur de cet article.
    A-t-il au moins connaissance de la signification exacte de ce terme et de la gravité des faits qu'il recouvre ?

    E.M.

  • Par Stéphane Meyer - 14/01/2016 - 10:58

    Il est vrai que Silvan Shalom n'a ni été jugé ni condamné par la justice. Il est donc présumé innocent jusqu'à nouvel ordre. Dont acte.S'il n'est donc pas reconnu comme auteur de viol, des accusations graves d'harcèlements et d'agressions sexuels sont toutefois portées contre ce ministre qui a présenté sa démission.Stéphane Meyer

  • Par pierre - 15/01/2016 - 14:23

    Bonjour

    La consultation de Larry qui est certainement un homme de loi est totalement exacte et c'est sur base des articles du Code pénal qu'il mentionne que l'auteur de cet article pourrait être poursuivi devant les tribunaux.

    Il y a néanmoins un obstacle : c'est le coût de cette procédure. La personne ainsi la victime de cette calomnie va-t-elle vouloir se lancer dans ce type de procès qui ne pourrait que conduire vers un degré d'appel puisque si l'auteur est condamné, il ne se satisfera certainement pas d'une telle décision et ira au second degré.

    Je pense que tout ceci pourrait n'être qu'un mauvais souvenir si l'auteur présentait ses excuses. Reconnaître une erreur grandit son auteur.

  • Par nicolas - 15/01/2016 - 14:37

    Je crois que l'auteur de l'article a reconnu ci-dessus que la présomption d’innocence l’emporte et que les accusations portées contre Silvan Shalom concernent le harcèlement et l'agression sexuelle. Le viol n'ayant pas encore été établi, nous reconnaissons donc que le ministre de l'Intérieur démissionnaire n'est pas un violeur. Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef de Regards

  • Par larry - 16/01/2016 - 9:07

    Monsieur le Rédacteur en Chef,

    Je crois que l'auteur de l'article a reconnu ci-dessus que la présomption d’innocence l’emporte et que les accusations portées contre Silvan Shalom concernent le harcèlement et l'agression sexuelle, écrivez-vous.

    J'ai relu l'article et ne trouve nulle part trace de ce que vous écrivez dans le texte de l'article.

    Un de nous deux ne sait pas lire. Lequel ?

    Dans l'attente de vous lire, recevez mes sincères salutations.

    Larry

  • Par melchior - 19/01/2016 - 9:28

    Monsieur le Rédacteur en Chef,

    Pourriez vous faire taire les Ezekiek, Larry et consorts qui polluent inutilement ce forum ?

    D'avance merci par respect pour les lecteurs.

    Melchior

  • Par Michèle - 19/01/2016 - 21:24

    Cet article est tout simplement scandaleux.

  • Par Simon - 20/01/2016 - 20:02

    Vous n'avez pas honte d'écrire de telles crasses ?

  • Par larry - 20/01/2016 - 21:13

    Monsieur Nicolas,

    Vous ne m'avez pas répondu à la question de savoir qui de nous deux ne sait pas lire.

    Bien à Vous,

    Larry

  • Par nicolas - 21/01/2016 - 0:42

    Cher Larry,

    Pour répondre à votre question, je vous renvoie au commentaire posté par l'auteur de l'article que vous pouvez évidemment lire ci-dessus.
    Mais je le reproduis malgré tout :
    "Il est vrai que Silvan Shalom n'a ni été jugé ni condamné par la justice. Il est donc présumé innocent jusqu'à nouvel ordre. Dont acte.S'il n'est donc pas reconnu comme auteur de viol, des accusations graves d'harcèlements et d'agressions sexuels sont toutefois portées contre ce ministre qui a présenté sa démission.Stéphane Meyer"
    Nicolas Zomersztajn

  • Par larry - 21/01/2016 - 6:29

    Cher Nicolas,

    Merci pour votre réponse.
    Convenez toutefois que le titre de l'article mentionnant le terme "violeur" pose alors quand même - au minimum -des questions d'ordre déontologique.

    C'est trop facile d'allumer un incendie pour venir l'éteindre ensuite.
    Cela me fait pensez à la maxime d'Henri Barbusse : "Ayons le culte des incendies pour la beauté des sauvetages".

    Bien cordialement,

    Larry

  • Par ezekiel - 3/02/2016 - 9:46


    La police recommande de ne pas engager de poursuites contre Sylvan Shalom

    peut on lire dans la presse israélienne de ce matin alors que le forum du site web du CCLJ annonçait fièrement le 11 janvier 2016 par la plume d'un certain Stéphane Meyer dont on ne sait pas très bien qui il est :

    UN CORROMPU REMPLACE UN VIOLEUR AU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR

    La police compte recommander la fermeture de l’enquête menée ces derniers temps contre Sylvan Shalom, soupçonné de harcèlement sexuel. Shalom, qui était ministre de l’Intérieur, a démissionné de son poste et a renoncé à sa carrière politique suite aux témoignages de plusieurs femmes contre lui. Mais finalement, aucune d’entre elles n’a porté plainte officiellement.

    L'ancien Ministre israélien est en droit d'attendre maintenant les excuses officielles du CCLJ.

    E.M.

  • Par barak - 4/02/2016 - 0:32

    Ezekiel,

    Cela suffit maintenant de polluer le forum que le CCLJ a la bonté de mettre à la disposition des gens.
    Vous passez votre temps à critiquer cette institution.
    Pour qui vous prenez vous ?
    Maintenant cela suffit, vous dépassez les bornes
    Alors en un mot : dégagez, vous n'avez rien à faire ici.

    Dehors, Buiten !