ISRAEL

Avi Gabbay, le nouveau visage du parti travailliste

Mardi 11 juillet 2017 par Nathalie Hamou

Ce néophyte en politique a remporté Lundi 10 juillet, et contre toute attente, la primaire du principal parti d’opposition israélien.

 

Le centre gauche israélien va-t-il renaître de ses cendres ? Il est sans doute trop tôt pour l’affirmer. Mais d’évidence, le parti travailliste, en perte de vitesse depuis plus de vingt ans,  vient de connaître un véritable électrochoc. Un nouveau venu en politique, Avi Gabbay, a en effet crée la surprise en remportant, lundi 11 juillet, la primaire du parti Avoda, principal parti d'opposition en Israël, qui doit lutter contre la désaffection de ses partisans pour des formations centristes ou de droite. Au terme d'une élection serrée, cet ancien homme d'affaires a obtenu 52% des voix face à Amir Peretz (48%), homme politique du sérail du parti travailliste qu'il a dirigé pendant plusieurs années.

Né à Jérusalem et fils d’immigrants venus du Maroc, Avi Gabbay, 50 ans, n’avait rejoint le parti Avoda qu’en décembre 2016. Auparavant, l’ex-directeur de l’entreprise de communication israélienne Bezeq, était membre du parti centre-droit Koulanou, fondé par l’actuel Ministre des Finances, Moshé Kahlon, qui lui avait confié le portefeuille de l’Environnement. Un poste qu’il a occupé pendant près d’un an, avant démissionner pour protester contre la nomination à la Défense de l’ultra nationaliste Avigdor Liberman, au sein du gouvernement.

Dans la foulée de sa première victoire électorale, Avi Gabbay a promis sur sa page Facebook d'incarner « l'espoir et le changement » et de faire en sorte que le parti travailliste redevienne « plein de vie ». A n’en point douter, les 50 000 militants du parti Avoda ont préféré la rupture à la continuité.  Au premier tour de la primaire, le président sortant du parti travailliste, Isaac Herzog, était arrivé en troisième position avec 16,7% des suffrages, avec un bilan peu flatteur.

Lors des élections législatives de 2015, Herzog avait dû s’allier au parti de centre-gauche Hatnua de Tzipi Livni pour former l'Union sioniste, et remporter 24 sièges au Parlement (qui en compte 120). Mais globalement, le leader travailliste a pâti du glissement à droite de l'électorat israélien ces dernières années, le Likoud ayant été maintenu au pouvoir sans interruption depuis 2009. On lui a aussi reproché ses tractations pour intégrer le gouvernement de Benyamin Netanyahou. 

Reste à savoir si Avi Gabbay pourra réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Ehud Barak a été le dernier Premier ministre travailliste du pays, de 1999 à 2001, remplacé en pleine deuxième intifada palestinienne par l'ancien général Ariel Sharon alors chef du Likoud. Une chose est sûre, Avi Gabbay, qui n’a jamais siégé à la Knesset, représente une volonté de renouveau. Certes le nouvel homme fort du parti travailliste ne peut se prévaloir du parcours de syndicaliste d’Amir Peretz. Il ne risque donc pas d’ancrer le parti Avoda plus à gauche…

Sa victoire est toutefois synonyme de plan de la dernière chance pour la formation historique. A l’instar d’Amir Peretz, Gabbay est d’origine marocaine et peut ainsi espérer élargir les bases d’un parti dominé par une élite ashkénaze ; comme son rival, il est également  favorable à une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien. Enfin l’ex-patron de Bezeq, possède un autre avantage de taille.

Comme le souligne Nahum Barnea, éditorialiste du quotidien populaire Yediot Aharonot, Avi Gabbay est l'image miroir de Peretz: un homme « nouveau, frais et sans expérience ». Autrement dit, une figure susceptible de représenter une alternative. Les élections législatives ne sont pas prévues avant novembre 2019 en Israël, mais d’ores et déjà les paris sont lancés. 


 
 

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  • Par bauweraerts-huy... - 12/07/2017 - 14:33

    il faut espérer , peut être le Macron Israélien , du changement et de la jeunesse , rien de tel , bonne chance à AVI

  • Par Henry - 12/07/2017 - 16:33

    Arrêtons de comparer tout nouveau venu en politique à Macron.
    Pour avoir écouter le discours d'investiture d'Avi Gabbai, je ne peux que constater son manque total de charisme et de projet politique.
    Le fait d'avoir des origines séfarades ne suffira pas à masquer le manque de vision du nouveau président du parti travailliste.
    Pour rappel : il n'a pas vraiment briller en tant que ministre de l'environnement.