Mobilisation

Les Amis belges d’Israël, et si pas maintenant, quand ?

Mercredi 25 septembre 2019 par Géraldine Kamps

Né voici quelques mois, Les Amis belges d’Israël entend défendre depuis Bruxelles l’image de ce pays attaqué jusqu’à sa légitimité et combattre l’antisémitisme. Patricia Teitelbaum et Nigel Goodrich, à l’initiative du projet, nous l’expliquent plus en détail. Le 24 septembre dernier, ils ont organisé la conférence « Israël : Visage de la diversité » à la Bibliothèque Royale de Belgique.

 

Vous expliquez la mauvaise image d’Israël en grande partie par une méconnaissance du pays ?

N.G. Le point de départ des Amis belges d’Israël a été un vrai ras-le-bol par rapport à la mauvaise représentation d’Israël dans la presse, mais aussi dans les syndicats et les partis politiques. Nous nous sommes dit que c’était le moment de réagir.

P.T. Nous avons créé cette association pour mieux faire connaître Israël en Belgique. Israël est souvent calomnié et de nombreuses contre-vérités sont énoncées à son égard. Quand on accuse l’armée israélienne de kidnapper les enfants palestiniens pour leurs organes, il est urgent de rétablir la vérité des faits. On est parfois en Belgique face à un antisémitisme institutionnel, avec des gens qui haïssent Israël plus qu’ils n’aiment les Palestiniens en réalité, et qui peuvent le crier haut et fort sans peur d’être poursuivis.

Nigel Goodrich, vous êtes déjà à l’origine d’autres associations de ce type ?

N.G. Tout est parti du festival d’Edimbourg créé par un Juif en 1949 pour créer des ponts entre les cultures et qui rencontre énormément de succès chaque été au mois d’août. Dans ce cadre, j’avais organisé en 2017 un Festival Shalom inspiré de celui qui se déroule à Bruxelles, mais sur trois jours. Depuis, j’ai lancé en Ecosse douze groupes « Amis d’Israël » qui se mobilisent régulièrement et organisent des conférences, projections, meetings, qui s’engagent aussi, en ne se contentant pas de parler, mais en rencontrant les responsables politiques, la police, etc. Les Amis d’Israël existent déjà en France, en Finlande, en Allemagne, en Espagne, en Suède…, ils sont transposables partout. Il ne manquait plus que les Amis belges !

Qui fait partie de votre association ?

P.T. Nous sommes ouverts à tous, aux Juifs, aux chrétiens, aux athées, à toutes les religions, aux francophones comme aux Flamands. C’est ce qui caractérise aussi notre comité de direction composé d’une douzaine de membres de tous horizons. Que ce soit pour son modèle socialiste, pour ses Lumières, pour ses droits de l’homme, pour sa diversité, tous pour des raisons diverses, nous sommes sionistes et aimons Israël.

Vous positionnez-vous sur le plan politique ?

P.T. Absolument pas, ce n’est pas à nous d’intervenir dans la politique israélienne. Nous sommes là pour défendre la légitimité d’Israël. Nous nous battons contre le double standard et la distorsion de l’histoire. Israël aurait volé les terres des Palestiniens, Israël serait coupable de génocide, Israël nazi, Israël Etat raciste ? Ce sont des concepts utilisés de façon perverse et non fondée. La population majoritaire, bien-pensante, veut aider les pauvres Palestiniens comme s’ils s’étaient accaparé la notion des droits de l’homme, et comme si tous ceux qui se trouvaient face à eux étaient des fascistes.

N.G. Avec Internet et les réseaux sociaux, avec le lobbying des pays musulmans, Israël se retrouve presque systématiquement du mauvais côté de l’histoire. Israël est certes un Etat en guerre, mais ce n’est pas un Etat nazi. Maintenant, on peut comprendre que la communauté juive de diaspora soit quelque peu frileuse, trop occupée à gérer déjà ses soucis d’antisémitisme pour ne pas vouloir encore se lancer dans ce travail d’image d’Israël. Cela demande beaucoup de courage, et donc en groupe, on est plus fort.

Vous avez choisi l’action positive.

N.G. On a choisi effectivement de prendre un peu de distance et de se recentrer vers le fondamental, les nombreuses qualités de cet Etat, les droits accordés aux minorités, la coexistence des différentes populations, la liberté d’expression. Selon un récent dans The Economist, Israël se classe comme démocratie en 30e position, juste avant… la Belgique ! A force de diaboliser Israël, on peut se demander si les gens veulent encore une paix, parce qu’on ne peut pas faire la paix avec le Diable…

P.T. C’est souvent plus facile de voir les choses en noir et blanc, et l’antisionisme aujourd’hui est malheureusement devenu le point de rencontre d’énormément de mouvements dont toutes les haines se focalisent sur Israël. Nous voulons remettre du gris dans le narratif, en particulier de ceux qui n’ont pas d’opinion. Et c’est la majorité des gens.

Plus d'infos : https://www.bfoi.org/

 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par geraldine - 26/09/2019 - 16:12

    Voici le lien du site pour plus d'informations https://www.bfoi.org/
    Bien à vous
    G. Kamps

  • Par Amos Zot - 2/10/2019 - 8:25

    Croire que la mauvaise image d'Israël dans la grande majorité des médias et chez de nombreux politiciens est due à de l'ignorance est de la naïveté.

    Le seul moyen de lutter contre le double standard à l'encontre d'Israël est de sanctionner par des peines de prison ferme tout propos antisémite et en premier lieu l'usage quotidien et quasi généralisé de doubles standards. Le double standard étant l' utilisation de critères différents pour juger Israël et les autres pays .
    Après cela, il faudra évidemment éduquer afin de rétablir la vérité. Mais tant que le bateau coule en raison d'une énorme brèche dans sa coque, essayer de vider l'embarcation avec une pelle creuse munie d'un manche n'a aucun effet si ce n'est de donner bonne conscience à ceux qui participent à ce vain exercice.