Israël

La 22e commémoration Rabin sous le signe de l'unité

Jeudi 2 novembre 2017 par Nathalie Hamou

La cérémonie prévue le samedi 4 novembre 2017 à Tel-Aviv sera orchestrée par deux nouvelles organisations non partisanes : le mouvement « Commanders for Israel’s Security » et Darkenu.

"Nous sommes un peuple" ("Anakhnou am ahad")

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    « Le 4 novembre, ne l’oublions pas : nous sommes un seul peuple ». Tel est le slogan fédérateur choisi par les organisateurs de la traditionnelle cérémonie à la mémoire de l’homme d’Etat et signataire des accords d’Oslo, Yitzhak Rabin. Cette année, le grand rassemblement annuel, qui se tiendra le samedi 4 novembre, se fera en effet sous la houlette de deux mouvements non partisans, relativement peu connus du grand public : Commanders for Israel’s Security (CIS) et Darkenu (notre chemin, en hébreu).

    Et pour cause. Le groupement CIS, qui revendique le soutien de 270 militaires hauts gradés du pays (issus du Mossad, des Forces de défenses israéliennes, des services de sécurité intérieure ou encore des rangs de la police), a vu le jour voilà seulement trois ans. Dans la foulée de l’opération « Bordure protectrice » menée dans la Bande de Gaza, il avait publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre israélien, paraphée par 104 signataires et incitant Benjamin Netanyahou à adopter l’initiative de paix saoudienne (de 2002), comme base de négociations avec les Palestiniens.

    Le mouvement mené par le major général de l’armée israélienne à la retraite et ancien héros de guerre, Amnon Reshef, avait alors fait valoir que les pays arabes modérés ayant passivement soutenu le combat mené Israël contre le Hamas à Gaza, Israël devait prendre une initiative diplomatique régionale qui intègre les Palestiniens. Depuis, le CIS qui se présente comme « non partisan » n’a pas hésité à critiquer l’aveuglement politique de l’actuel chef du gouvernement sur d’autres sujets.

    Dans un autre registre, le second parrain de la cérémonie commémoratrice, Darkenu, est un mouvement de terrain inspiré par l’initiative internationale OneVoice (qui œuvre pour une solution négociée du conflit israélo-palestinien). Lancé suite aux élections législatives de 2015, il affirme relayer la voix de la « majorité modérée », et avec 220.000 supporters, se présente comme le mouvement citoyen non partisan le plus important d’Israël. Au sein de Darkenu, « les gens ont décidé de lutter contre les divisions qui minent la société israélienne et de ne plus accepter l’agenda extrémiste de la classe politique », peut-on lire sur le site de l’organisation dirigée par le colonel de réserve et entrepreneur Kobi Richter, et notamment soutenue par l’ancien Premier ministre travailliste, Ehoud Barak.

    Aucun parti politique

    En unissant leurs forces pour la 22e cérémonie à la mémoire d’Yitzhak Rabin, assassiné par un extrémiste juif, les deux organisations ont en tout cas trouvé un terrain d’entente : « Nous appelons les citoyens israéliens à nous rejoindre pour défendre le caractère juif et démocratique de l’Etat d’Israël (…). Nous les appelons à privilégier ce qui nous unit sur ce qui nous divise dans l’esprit de notre déclaration d’indépendance », ont indiqué les organisateurs, en précisant que cette année, l’évènement « n’associera aucun parti politique », tout comme « aucun parlementaire ne montera à la tribune » de la manifestation.

    Une certitude : la tonalité de ce grand rassemblement, longtemps accaparé par la gauche, et qui attire chaque année des dizaines de milliers de personnes place Rabin, au pied de la mairie de Tel-Aviv, n’en finit pas de changer. Jusqu’en 2010, l’association dédiée à l’édification du Centre Rabin, s’était chargée de financer l’évènement. Mais depuis l’inauguration de ce grand mémorial, en bordure nord de Tel-Aviv, les organisateurs ont dû se tourner vers d’autres groupes de donateurs, rendant l’exercice plus périlleux.

    L’an dernier, faute de ressources suffisantes, le rassemblement à la mémoire de Rabin a même failli être annulé. Mais Isaac Herzog, ex-leader du Parti travailliste, avait in fine fait savoir que sa formation prendrait la responsabilité d’organiser la cérémonie commémorative. Un parrainage politique que certaines voix avaient jugé déplacé. Cette année, la manifestation a aussi provoqué des haussements de sourcils dans les rangs de la gauche, au motif que le mot « paix » n’apparaissait pas dans  l’invitation du 4 novembre.

    Mais Amnon Reshef, du mouvement CIS, n’a pas souhaité rentrer dans cette querelle lexicale. « Nous avons tous le devoir de faire en sorte qu’un meurtre politique ne vienne plus jamais entacher l’histoire de notre Nation (…) Nous devons garantir la pérennité et la sécurité d’Israël comme foyer national et démocratique du peuple juif ». Avant de revenir sur le slogan phare de la manifestation: « Nous sommes un seul peuple et nous sommes tous concernés de manière égale par le futur de notre pays ».

    A noter : Publié cette semaine en français, le livre testament de Shimon Peres (disparu en 2016), intitulé Aucun rêve n’est impossible (aux éditions Baker Street), consacre un chapitre entier à « La poursuite de la paix », évoquant en grande partie le destin brisé d’Yitzhak Rabin. 


     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Lily - 3/11/2017 - 2:19

      Mon fils a participé à une de ces cérémonies lors d un voyage organisé en 2001 par Madame Kagan aidée par la brith irgounim. Il en garde un souvenir ému. La délégation belge très nombreuse à été fort remarquée.