Boycott

Des intellectuels tunisiens pour le maintien du spectacle de Michel Boujenah en Tunisie

Vendredi 7 juillet 2017 par Un collectif d'intellectuels tunisiens

Un spectacle de l’humoriste français d’origine tunisienne Michel Boujnah figure au programme de la 53ème édition du Festival de Carthage. Il s’agit d’une action qui contribuera à donner un plus grand rayonnement à cet ancien festival culturel et à mieux faire connaître la Tunisie comme destination touristique et comme pays où la sécurité est assurée et qui a retrouvé sa santé.*

Michel Boujenah

Nous avons suivi le débat autour de cette question sur les réseaux sociaux et nous regrettons que la discussion relative à la programmation de ce spectacle ait pris un caractère passionné et   tendu point où certaines positions, et particulièrement celle prise par dans un communiqué de L’UGTT, sont favorables à l’annulation du spectacle programmé pour le 19 juillet prochain au Musée archéologique de Carthage.

Il nous importe, comme intellectuels et artistes, de réitérer que l’UGTT est une demeure en partage et qu’elle constitue l’une des composantes de notre modernité tunisienne et de notre identité plurielle. L’UGTT, en raison de son patrimoine, de par son rôle majeur dans le maintien de la paix sociale et dans le parrainage du Dialogue national, est la fierté de toutes les Tunisiens, ceux qui font partie de ses rangs et les simples citoyens. 

Notre UGTT a le droit de prendre position contre l’invitation adressée à Boujnah ou à quelqu’un d’autre mais nous refusons de voir l’organisation qui a mérité, comme récipiendaire du Prix Nobel de la paix, le respect  du monde entier, exiger des autorités culturelles d’annuler un spectacle artistique ou  d’interdire à un artiste de présenter ses représentations devant le public qui a choisi consciemment d’aller à sa rencontre parce que le principe en matière de culture et d’art est d’accepter la pluralité des goûts et des opinions et de ne pas imposer une opinion aux dépens des autres opinions.

Nous appelons tous les partis politiques et toutes les composantes de la société civile et, à leur tête l’UGTT, à privilégier l’intérêt national, à veiller constamment à hisser le drapeau tunisien, à éviter toute instrumentalisation de la création artistique. Il est nécessaire de traiter ce problème imprévu en portant haut l’étendard de la liberté de pensée et de la diversité, considérée comme l’un des acquis fondamentaux de notre révolution, en servant l’intérêt de la Tunisie, en participant à son plus grand rayonnement à l’intérieur et à l’extérieur et en renforçant le rôle qu’elle joue dans les instances internationales au service des causes justes et, à leur tête, la cause du peuple palestinien et son droit à l’établissement d’un état national indépendant.

*www.leaders.com.tn/article/22636-declaration-des-artistes-et-des-intelle...

Liste des premiers signataires

  • Hamadi Rdissi (universitaire)
  • Habib Kazdaghli(universitaire)
  • Noureddine Kridis(universitaire)
  • Abderrazak Sayadi(universitaire)
  • Jalel Gharbi(universitaire)
  • Abdelwahed Abassi (médecin)
  • Khedija Ben Zakour (enseignante)
  • Najet Abassi (enseignante)
  • Ridha Sehili (universitaire)
  • Samia Kassab Charfi(universitaire)
  • Habib Ben Younes(universitaire)
  • Khedija Arfaoui(universitaire)
  • Kamel Labidi (journaliste, activiste de la société civile)
  • Nihel ben Amar (universitaire)
  • Mounir Charfi (médecin)
  • Rabaa Ben Achour Abdelkéfi (universitaire)
  • Abdelhamid Larguéche (universitaire)
  • Habib Mellakh(universitaire)
  • Dalenda Larguéche (universitaire)
  • Amel Grami (universitaire)
  • GLeyia Maatallah (universitaire)
  • Khedija ben hassine(universitaire)
  • Raja Ben Slama(universitaire)
  • Emna Jeblaoui (universitaire)
  • Fathi Ben Slama (universitaire)
  • Rafik Ben Amor (pharmacien- Toulouse)
  • Mounir Charfi (journaliste)
  • Nejib Garafi (activiste de la société civile)
  • Mohamed Ali Mankaï (homme politique et homme d’affaires)
  • Abdesselem Mahmoud (universitaire)
  • Hichem Skik (universitaire)
  • Jouda Bakir (documentaliste)
  • Neji Marzouk (militant des droits de l’homme et éditeur)
  • Saloua Guiga (enseignante)

 


 
 

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