Au CCLJ/Matinée écoles

"Travaillons sur nos différences, pour qu'elles deviennent notre richesse"

Vendredi 15 décembre 2017 par Géraldine Kamps

A l’occasion de la fête de Hanoucca, quelque 300 enfants de l’Institut Notre-Dame (Anderlecht), l'école communale des Bruyères (Saint-Gilles), l'école Nos Enfants (Forest) et l’école n°13 (Schaerbeek) ont participé cette semaine au CCLJ à une matinée interculturelle. Pour dire non à la haine.

 

L’histoire d’« Adung et l’arbre aux lumières » écrite par Charles Hosten, animateur socioculturel au Centre d’éducation à la citoyenneté (CEC-CCLJ), a servi d’introduction à cette matinée prévue pour aborder l’ensemble des croyances, des convictions et des traditions de chacun. Une histoire qui aura recueilli toute l’attention des élèves, comme le montrera le nombre de doigts levés pendant le débat. Après la dégustation des souvagniot en cette période de Hanoucca, ces beignets traditionnels à la confiture baignés dans de l’huile, en mémoire à celle qui a manqué aux Juifs du Temple, avant que ne se produise le fameux miracle, les enfants transmettront leurs messages d’espoir, tout en allumant les quatre premières bougies de la Hanouccia géante installée sur scène. « Notre plus grande ressemblance, c’est notre différence », clameront les uns. « Il est important d’apprendre à vivre ensemble, en respectant les traditions ou la religion de chacun », confirmeront les autres.

Comme les 150 élèves venus quelques jours plus tôt, les élèves de Nos enfants et de l’école n°13 passeront à « la table des objets ». Une nouvelle animation prévoyant que les enfants apportent un objet qui leur est cher, lié à leurs origines, leurs traditions, leur religion pour en expliquer le sens et la portée à leurs camarades.

On découvrira ainsi le bracelet porte-bonheur de Lucien, qui lui a été offert à ses 13 mois, lors de son premier voyage en Turquie, l’Atomium miniature choisie pour son symbole de la Belgique, mais aussi une poupée d’origine slovaque, une Bible, un tapis de prière, un chapelet, un balai évoquant la propreté de la Suisse, une djellaba, ou encore un fragment du mur de Berlin.

Grâce à son jeu de cartes italien, appelé Scopa, Diego aura l’occasion d’évoquer son héritage italien en racontant l’histoire émouvante de son « nonno » (grand-père), dont le père est venu comme mineur en Belgique dans le cadre de l’accord italo-belge du 23 juin 1946 qui prévoyait en échange l’envoi de charbon. « Cette vague d’immigration italienne sera suivie par les vagues d’immigration marocaine et turque », complètera  Zora Vardaj, animatrice socio-culturelle au CEC. Le dernier objet présenté sera le pandeiro et tamborim, deux tambours brésiliens utilisés pour la samba devenus le moyen d’aborder brièvement, faute de temps, l’histoire de l’esclavage, et de se livrer à un petit pas de danse des plus réussis.  

Les élèves repartiront tous avec une toupie (sevivon), indissociable de la fête de Hanoucca et en tête, très probablement, les mots de Florence Caulier, organisatrice de l'événement, après une matinée riche en rencontre, en partage et en écoute de l’autre, chacun avec ses différences et souvent de drôles de ressemblances : « Tout ce que nous vous avons montré ce matin vous a fait réaliser à quel point nos identités sont multiples. Alors, je vous le demande, s’il vous plait, ne résumez jamais quelqu’un à une seule de ses facettes, c’est comme cela que commence le racisme… ».


 
 

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