Au CCLJ

La parole aux Bnei-Mitzva

Mardi 26 juin 2018 par Delphine Szwarcburt

Chaque année, le CCLJ accueille un nouveau groupe de Bnei-Mitzva. Ce samedi 30 juin, ils feront ainsi officiellement leur entrée dans la communauté et célébreront symboliquement le passage de l’enfance à l’âge adulte. Quelques jours avant la cérémonie, ils ont tenu à partager avec nous leur expérience.

 
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    Eden : Bonjour à tous les lecteurs de Regards, je m’appelle Eden, j’ai 13 ans et je suis très heureux parce que devenir bar-mitzva est un grand jour pour moi. Mes parents, ma sœur, mon frère et moi ne sommes pas attachés à la pratique religieuse du judaïsme. Nous ne respectons pas non plus toutes les mitzvot, mais nous essayons de garder l’esprit du judaïsme et d’être fidèles à ses règles morales, dont la réflexion et la remise en question font partie intégrante de ma vie.

    Ma famille, dont j’ai découvert l’étendue en dessinant mon arbre généalogique, est aussi grande qu’étendue sur la planète entière. J’aime beaucoup ma famille israélienne et je vais avec plaisir passer du temps chez eux. Je voulais faire ma bar-mitzva pour ma fierté personnelle et pour le respect des traditions juives qui sont, je trouve, assez intéressantes.

    Liam : C’était mon souhait d’étudier pour ma bar-mitzva parce que j’avais envie de m’inscrire dans la tradition et la chaîne de transmission du peuple juif, mon peuple.

    Bien qu’il s’agisse d’une bar-mitzva laïque, on nous propose d’étudier notre paracha. Ce n’est pas parce que nous ne croyons pas que nous devons être ignorants et la Torah est le texte fondateur du judaïsme et appartient à tous, que l’on soit religieux, athée, juif ou pas.

    Travailler sur la paracha avec un regard critique est une manière d’apprendre à réfléchir, à se poser des questions qui sont importantes, car elles concernent nos origines et interrogent nos valeurs, notre morale, et ce qui se passe autour de nous.

    Tara : Je m’appelle Tara Nayer, et j’ai 13 ans. Je ne suis pas juive, mais je me sens juive. Pour moi, c’était une évidence de célébrer ma bat-mitzva, parce que je baigne dans la culture juive depuis que je suis toute petite. J’étais à la crèche Nitzanim, au CCLJ, et maintenant je suis à la JJL. J’aime célébrer les fêtes juives, découvrir les histoires qui y sont liées, apprendre les chansons, manger les plats traditionnels. Dans le sikhisme (religion d’une partie de ma famille paternelle), la tolérance est centrale, ainsi que l’art du questionnement. Cet amour de la recherche, de la mise en question et de l’étude, je le trouve aussi très présent dans le judaïsme. C’est d’ailleurs cette ouverture et cette tolérance, en particulier au sein du CCLJ, qui me permet aujourd’hui de devenir Bat-Mitzva.

    Emma : Au moment où je deviens Bat-Mitzva et où je m’engage sur le chemin qui me mènera vers l’âge adulte, je prends conscience que nous avons tous la responsabilité de rendre ce monde un peu plus juste.

    En cette année du 75e anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie, je suis choquée par les images de guerres, de ruines et de réfugiés que je vois tous les jours passer dans les médias. Choquée par ces guerres interminables dans tant de pays comme la Syrie, l’Irak ou l’Afghanistan. Je suis choquée par l’antisémitisme toujours si présent 70 ans après la fondation de l’Etat d’Israël. Je suis persuadée que le monde serait meilleur, s’il était fondé sur la paix et la fraternité humaine.

    Lila : Depuis toujours, je conçois le moment de la bat-mitzva comme un passage important, tant pour nous que pour nos parents. Pour nous tout d’abord, parce que nous ne sommes plus vraiment considérés comme des enfants, nous quittons un monde puéril pour entrer dans la cour des grands, avec plus de connaissances. Pour les parents ensuite, parce qu’ils doivent accepter que leur enfant grandisse et prenne son indépendance. Nos sages nous disent « Si tu étudies, fais-le dans la joie », c’est vraiment comme cela que j’ai l’impression de vivre mon judaïsme.

    En bref

    Lors de l’année d’étude qui prépare à ce grand moment, chacun des futurs Bnei-Mitzva s’est plongé dans les racines de sa famille en interviewant ses grands-parents et en réalisant un arbre généalogique. Chacun a également pénétré dans les racines plus lointaines du peuple juif en étudiant et en interprétant sa paracha. Chaque jeune a enfin réalisé un petit travail de volontariat dans une institution de la communauté pour montrer qu’en grandissant, on doit être attentif à ceux qui nous entourent.

     
     

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