Au CCLJ

Michel Judkiewicz "Réenchanter le CCLJ"

Mardi 5 septembre 2017 par Nicolas Zomersztajn
Publié dans Regards n°867 (1007)

Ingénieur civil ayant accompli sa carrière dans le monde de l’entreprise et de la consultance, Michel Judkiewicz vient d’être nommé directeur général du CCLJ. Dans l’entretien qu’il nous accorde, il explique ce qui l’a motivé à accepter de relever ce défi.

 

Pourquoi décidez-vous de rejoindre le monde associatif juif après avoir mené une longue carrière dans le monde de l’entreprise et du consulting ?

Comme disait Jacques Monod, il y a le hasard et la nécessité. On m’a contacté alors que je n’y avais jamais pensé. Mais comme j’adhère à l’engagement sociétal du CCLJ, j’ai été tenté d’accepter. Quant à la nécessité, il faut reconnaître que même à 68 ans, on peut garder encore l’envie de se dépasser professionnellement et de contribuer modestement à une cause qui n’est pas simplement qu’une affaire commerciale. J’ai donc accepté de relever ce défi qui consistera surtout à créer et à modeler cette nouvelle fonction pour que dans les deux ou trois années à venir, elle soit sur les rails et qu’un jeune puisse me succéder.

Et la judéité ?

Elle est liée à mon attachement au CCLJ. Par ailleurs, je fais partie de cette espèce en voie de disparition qui parle encore le yiddish. Je le parle avec plaisir, mais de moins en moins, car rares sont ceux qui peuvent me répondre. Cette langue demeure malgré tout importante puisque c’est ma première langue, ma langue maternelle. Bien que profondément laïque et athée, je suis très attaché à la culture juive à travers le yiddish, la cuisine, les witz (bons mots) et toute une approche teintée d’une certaine tolérance et d’une distanciation par rapport aux événements. Je retrouve tout cela au CCLJ et je dois admettre que c’est un plaisir qu’on n’éprouve pas dans une multinationale où il faut adhérer à une culture d’entreprise qui vous est imposée et dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas nécessairement. Ce que je ressens aujourd’hui au CCLJ correspond à ce que j’ai connu dans ma jeunesse lorsque j’étais moniteur aux colonies de la Sol (Solidarité juive). J’y ai découvert qu’on pouvait être juif et laïque. Ce fut une révélation.

Que comptez-vous faire pour que le CCLJ puisse encore se développer et rayonner ?

Ce serait très présomptueux de ma part de vous dire que j’ai un plan clé sur porte. J’ai néanmoins quelques lignes directrices qui doivent guider mon action. L’environnement du CCLJ a considérablement changé. Le nombre de possibilités d’activités culturelles et de loisirs a explosé à Bruxelles. Par conséquent, le CCLJ évolue aujourd’hui dans un monde très différent de celui de David Susskind. Pour continuer de briller, il va falloir trouver ce qui est le plus approprié par rapport à notre environnement. Il s’agit donc de « réenchanter le CCLJ ». Cela signifie que le CCLJ doit demeurer un pôle d’attraction important pour la communauté juive, mais aussi pour les non-Juifs dans l’hinterland bruxellois. Il n’y a pas d’autre organisation en Belgique, voire en Europe, qui présente le même profil que celui du CCLJ. Je ne connais pas d’institution juive qui organise tant d’activités avec une telle ouverture sur le monde. « Est juif celui qui se déclare juif », peut-on lire sur le site du CCLJ. Cette affirmation peut paraître subversive dans certains milieux juifs, mais elle correspond à une vision du judaïsme que partagent beaucoup de Juifs. Nous avons des fondements solides pour continuer, mais nous ne pouvons pas non plus recréer l’esprit militant et pionnier des premières années, même si c’est très sympathique. En revanche, on doit créer une forme d’aura et d’attraction pour que le CCLJ brille à nouveau comme un pôle central dans le rayonnement du monde juif pour les Juifs et les non-Juifs. 


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Heide Nicolay - 5/09/2017 - 18:16

    Félicitations, Michel. Je suis heureuse pour toi. Tu as une grande et belle tâche devant toi et je sais que tu la rempliras avec compétence et créativité.
    Je te souhaite beaucoup de succès.

    Amitiés,
    Heide

  • Par Bogaerts Georges - 5/09/2017 - 19:59

    Je n'ai jamais été raciste ni anti-juif.Je fais la différence entre les deux car on peut dire que les races n'existent pas et être quand même hostile à la communauté juive.Je suis un ami proche de Michel Judkiewicz et
    l'ai toujours considéré comme je considère tous les juifs comme des semblables.J'étais parfois déçu du côté fermé
    ou que je percevais comme tel de certaines communautés juives.Je suis donc à la fois surpris et très heureux de
    constater la volonté d'ouverture du CCLJ.Et j'ai l'intention d'y venir.

  • Par Joseph Las - 5/09/2017 - 21:23

    זיי מצליח

  • Par Charlotte Goldberszt - 5/09/2017 - 21:24

    Je me réjouis que nous ayons un nouveau directeur au CCLJ? plein d'entousiasme et de bonnes idées, du moins je l'espère et je le lui souhaite!
    J'èspère que Jean-Marc Finn continuera son inlassable recherche pour
    soutenir ainsi le nouveau venu dans la maison à laquelle je suis moi-aussi
    très attachée!

  • Par Roland Pochet - 6/09/2017 - 6:31

    Monsieur le Directeur général, cher Michel,
    Félicitations pour avoir accepté ce poste et comme tous les deux anciens ULBistes et laïques, j'ai apprécié les valeurs que tu défends en particulier lorsque tu écris: "un pôle d’attraction important pour la communauté juive, mais aussi pour les non-Juifs dans l’hinterland bruxellois".
    Un goï

  • Par Hanus Raymond - 6/09/2017 - 8:14

    Cher Michel,

    Reçois mes plus sincères félicitations pour ta nouvelle promotion.
    Je ne doute à aucun instant que le CCLJ est entre de bonnes mains sous ta direction.
    Amitiés,

    Raymond

  • Par Pascale Sztum - 6/09/2017 - 9:19

    Félicitations Michel... ! je ne vous connais pas mais j'apprécie votre esprit d'ouverture qui me donne envie de venir au CCLJ!