Djihadisme

Jean Birnbaum, la religion des faibles

Mercredi 16 janvier 2019 par Stéphane Meyer

Jean Birbaum, directeur du Monde des livres, vient de publier La religion des faibles (éd. Seuil) dans lequel il analyse l’aveuglement d’une certaine gauche face au djihadisme. Il présentera son livre dans une conférence qu’il donnera ce jeudi 17 janvier 2018 à 20h au CCLJ.

 
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    Les djihadistes mèneraient-ils une rébellion de réprouvés contre l’Occident qui les domine et les humilie ? C’est cette croyance véhiculée par certains courants de la gauche que Jean Birnbaum déconstruit en observant notamment que ce sont bien les principes de liberté et d’égalité qui sont visés par les djihadistes.

    Jean Birnbaum avait entamé cette réflexion sur les réactions de la gauche face au djihadisme dans Un silence religieux (éd. Seuil), publié en 2016. Alors que les auteurs des attentats de Paris et de Bruxelles n’ont cessé de mettre en avant l’islam comme force motrice de leur engagement, la gauche affirme que cela « n’a rien à voir avec l’islam ».

    Jean Birnbaum a donc analysé ce refus de la gauche de voir que l’engagement et l’action politiques de ces djihadistes se fondent sur le religieux. Comme si le religieux était l’angle mort de la gauche qui ne voyait dans la religion que des préjugés simplistes et du folklore archaïque. « Partout où il y a de la religion, la gauche ne voit pas de trace de politique », observe Jean Birnbaum. « Dès que la politique surgit, elle affirme que cela n’a “rien à voir” avec la religion ».

    Il récidive avec la Religion des faibles, où il explique comment le djihadisme bouscule les vieilles croyances d’une certaine gauche, et surtout de la gauche radicale. La Religion des faibles, dit-il, ce n’est plus l’islamisme, qu’on présente à tort comme la doctrine des victimes de l’Occident, mais bien au contraire un certain progressisme occidental bien-pensant qui juge tout à l’aune de l’anticapitalisme.

    Il vise la pieuse croyance selon laquelle l’action des djihadistes serait, somme toute, un produit des tares de la société occidentale -exploitation, colonialisme persistant, racisme des sociétés du Nord- alors même que ces soldats de l’intégrisme se battent non contre l’injustice, mais contre l’essence même des systèmes démocratiques, fondés sur les droits de l’individu.

    «On devrait voir en eux (les djihadistes) autre chose que des alliés objectifs (contre l’impérialisme) ou des victimes en colère. A la fin des fins, il serait sans doute temps de les nommer "ennemis"».

    Dans cet essai érudit et passionnant à la fois Jean Birnbaum porte surtout  un regard neuf sur la conquête des libertés (démocratiques, sociales, sexuelles…) qui distinguent l’Europe comme civilisation.


     
     

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