Jeunesse juive laïque/Portrait

Daniela Ajami et Noah Gottlob, les shlihim de la JJL

Mardi 4 octobre 2016 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°846

Depuis la rentrée de septembre, Daniela Ajami et Noah Gottlob ont repris les rênes de la JJL. Un rôle que ces deux « anciens du mouvement », amis de longue date, assument avec énormément de motivation et de l’énergie à revendre. Interview.

 

Daniela Ajami, tu as 23 ans et tu sors d’études de Chimie à l’ULB, Noah Gottlob, tu en as 22 et tu es en 3e année de Psycho à Marie Haps, après un passage en droit. Comment vous êtes-vous retrouvés shlihim de la JJL ?

Daniela Ajami : Après avoir côtoyé de près plusieurs shlihim de la JJL extérieurs au mouvement, on a senti un besoin de changement. On s’est alors motivé l’un l’autre pour reprendre les choses en main, et on a soumis cette proposition au directeur Mikha Weinblum, qui l’a accepté.

Noah Gottlob : Dans l’organisation au quotidien, les idées, la créativité, nous sommes assez bien complémentaires, c’était le rêve de pouvoir travailler à deux dans quelque chose qui représente pour nous une passion. La JJL est forte, mais nous voulions y ajouter quelque chose.

Quelle a été votre expérience au sein de la JJL ?

D.A. : J’ai commencé la JJL à l’âge de 10 ans et je ne l’ai plus jamais quittée. Après avoir été havera (participant), je suis devenue madriha (monitrice), Rosh ken (jeune responsable) pendant un an, et puis bogeret (encadrant) pendant cinq ans. L’an dernier, j’ai eu de nouvelles responsabilités, j’ai notamment aidé la shliha (responsable des jeunes) précédente, Michal, à trouver ses repères, je la guidais un peu, et cela a été très épanouissant pour moi.

N.G. : Je suis moi à la JJL depuis mes six ans, nous étions, Daniela et moi, dans la même kvoutsa Nitzana, la même classe aussi à Beth Aviv et à Ganenou, amis et confidents depuis toujours. Nous avons été ensemble bogrim, également membres du conseil d’administration de la Maison de la jeunesse laïque juive (MJLJ), actifs dans de nombreux projets tels que l’Opération Père Noël. Et puis, j’ai arrêté pendant un an, pour me consacrer davantage à mes études et mes stages, à des projets personnels aussi. Cela a été intéressant pour moi de sortir de la bulle communautaire. J’ai entre autres fait du volontariat avec les réfugiés du Parc Maximilien, sans autre étiquette que celle de simple citoyen, ce qui m’a beaucoup appris.

Avec quelle philosophie allez-vous digérer le mouvement ?

N.G. : Notre but n’est pas seulement de gérer pratiquement la JJL au quotidien, même si cela prend beaucoup de temps. Nous voulons aussi assurer la gestion idéologique, culturelle, politique, communautaire du mouvement. C’est d’ailleurs plus sain d’être deux, même si souvent nos avis divergent et que cela entraine des discussions. Cela montre une nécessité d’ouverture, dont nous ferons preuve également avec les madrihim. Nous ne voulons pas imposer nos idées, mais plutôt les faire réfléchir sur les différents choix possibles pour les amener à nous suivre, mais après en avoir tiré eux-mêmes les conclusions.

D.A. : Le travail de shaliah s’inscrit dans la continuité de ce que nous avons fait jusqu’à présent au sein de la JJL. Nous connaissons les haverim, nous les avons vus évoluer, notre jugement se construit sur des réalités que nous avons pu observer. C’est important, et cela nous fait gagner du temps et de l’énergie. Nous sommes aussi conscients de ce qui va mieux ou moins bien à la JJL et de ce sur quoi il faut travailler. La JJL est un mouvement déjà réputé pour son ouverture, c’est une force que nous souhaitons encore développer, grâce à une vraie conscience citoyenne, en sensibilisant les plus jeunes à ce qui les entoure, que ce soit au niveau écologique ou à ce qui se passe dans le monde.

Un troisième homme viendra se joindre à vous cette année ?

D.A. : Effectivement, Jonathan Dan, qui a été boger avec nous pendant cinq ans et termine Polytech, gèrera tout ce qui est projet sur le long terme, pour permettre par exemple des rencontres de la JJL avec d’autres mouvements juifs, pas forcément belges. Il assurera également le relais si l’un de nous a des obligations professionnelles, et permettra de nous épauler.

Quelles sont les qualités essentielles pour être shaliah ?

N.G. : Ce n’est évidemment pas un job ordinaire. Il faut être passionné, y croire, vouloir amener les jeunes à se cultiver hors de leur foyer au sens strict, leur inculquer des valeurs, aimer la culture, le judaïsme, avoir le goût de la transmission, du partage, et aimer les contacts humains. Tout se joue dans la relation humaine, c’est elle qui facilite la communication.

D.A. : Quand un nouveau prof arrive dans une école, il doit gagner la confiance des élèves. Nous ne sommes pas profs, mais c’est un peu la même chose avec un shaliah. Nous avons l’avantage d’être à la JJL depuis longtemps, nous savons ce que c’est être haverim, mais aussi madrihim et bogrim, et nous avons avec nos jeunes un lien très fort. 

Plus d'infos sur la JJL : 02/543.02.85 ou mdj@cclj.be


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/