Au CCLJ

Alain Berenboom "Avec l'Expo 58, la Belgique devient le centre du monde"

Lundi 26 mars 2018 par Nicolas Zomersztajn

Dans Expo 58, l’espion perd la boule (éd. Genèse), cette nouvelle enquête du détective Michel Van Loo, Alain Berenboom nous plonge dans le climat enthousiaste de l’Exposition universelle de 1958. Alors que cet événement est censé rapprocher les deux blocs, la Guerre froide s’invite sur le plateau du Heysel. Alain Berenboom présentera son livre au CCLJ le jeudi 29 mars 2018 à 20h.

 
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    En plaçant le cinquième opus des enquêtes de Michel Van Loo dans le cadre de l’Exposition universelle de 1958, s’agit-il de poursuivre votre exploration de la « Belgique de papa » ?

    Plutôt que d’explorer la Belgique de papa, j’y vois surtout une manière de montrer comment un Juif né juste après la Guerre s’est intégré dans cette « Belgique de papa ». Et avec l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958, on touche à la fin de la période de reconstruction de l’après-guerre pour faire entrer pleinement la Belgique dans les Trente glorieuses. Comme il s’agit de la première exposition universelle organisée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Belgique devient le centre du monde et se retrouve au cœur d’un curieux cocktail fait de prétention planétaire et de modestie légendaire. J’ai essayé de rendre compte de ce contraste caractérisant bien cette Belgique de 1958.

    L’Expo 58 se tient alors que la Guerre froide est à son apogée. Cette dimension est-elle présente dans ce livre ?

    Oui. Tous les conflits en cours se retrouvent présents en Belgique. La Guerre froide s’est évidemment invitée sur le plateau du Heysel : le pavillon américain est situé face au pavillon soviétique. Et dans ce roman, l’assassinat d'un chef de chantier, puis l'explosion d’une bombe devant le pavillon américain mettent police et services secrets sur les dents. La Sûreté de l’Etat fait alors appel au détective Michel Van Loo pour enquêter sur ces affaires. Il pense être confronté à des espions soviétiques, mais il se rend compte qu’il baigne au cœur d’un règlement de compte entre différentes factions syriennes (nassériens, baasistes, communistes, etc.) qui s’affrontent au sujet de la République arabe unie, cette union entre l’Egypte et la Syrie réalisée par Nasser entre 1958 et 1961. Van Loo et les autorités belges ont beaucoup de mal à saisir cette complexité proche-orientale dans laquelle les Russes tirent déjà les ficelles, comme aujourd’hui dans le conflit syrien.

    Que reste de l’Expo 58 ?

    Avec l’Exposition universelle, Bruxelles s’est imposée comme la capitale de l’Europe. Un an après la signature du Traité de Rome créant la CEE, Bruxelles devient progressivement le siège des institutions européennes. Sans l’Expo 58, je ne pense pas que la Belgique aurait connu ce destin. Mais à défaut de devenir une ville-monde à l’image de l’exposition universelle, elle est devenue une ville de fonctionnaires du monde avec des tunnels qui la traversent ! Tel est l’héritage paradoxal que nous lègue l’Expo 58. Dans les années qui suivent, Bruxelles ne se montrera pas à la hauteur de ce projet universel.

    Infos et réservations : 02/543.01.01 ou [email protected]


     
     

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