Musée juif de Belgique

"Amy Winehouse. Un portrait de famille"

Lundi 14 mai 2018 par Michèle Baczynsky

Depuis le 10 mai et jusqu’au 16 septembre 2018, le Musée juif de Belgique consacré son exposition à cette icône de la soul anglaise disparue trop tôt.

Disparue prématurément en 2011, à l’âge de 27 ans, l’icône et chanteuse de soul Amy Winehouse laissa derrière elle, des millions de fans, orphelins. On se souviendra de sa coiffure choucroute, de ses robes taille 36, de ses bras si fins, tatoués, mais surtout de ses chansons et de sa voix unique qui la firent entrer dans la cour des plus grands chanteurs de soul. On se souviendra aussi, hélas, de ses frasques amoureuses, de cette bataille perdue avec ses propres démons et de cette lente descente dans les enfers de la drogue et de l’alcool qui auront raison d’elle un jour de juillet 2011.

En 2013, Alex Winehouse, le frère d’Amy, a proposé au Musée Juif de Londres une exposition pour laquelle il écrirait un texte sur sa sœur, mettant en lumière une Amy intime, avant la célébrité, une Amy enfant, adolescente, qui puise ses racines au sein d’une famille juive du Nord de Londres. L’exposition serait jalonnée d’objets personnels, de photos de famille, de classe, de citations de l’artiste, baignée par ses chansons et sa voix.

Après Melbourne, Tel-Aviv, Vienne, et Londres, cette exposition prend aujourd’hui ses quartiers au Musée juif de Belgique, la dernière étape avant son retour définitif chez les Winehouse.

L’exposition se décline en cinq volets : la famille, l’école, Londres, la mode et la musique.

Le texte d’introduction d’Alex à l’entrée donne d’emblée le ton : « Ce n’est pas un sanctuaire ou le mémorial à la mémoire d’une défunte. C’est le portrait d’une fille qui était juste, au plus profond d’elle-même, une gamine juive du nord de Londres et qui, par-dessus tout, entendait rester fidèle à ses racines ».

Les Winehouse arrivèrent au siècle dernier, « sans un penny en poche », dans le quartier juif londonien d’East End, là où échouaient les Juifs fuyant la misère et les pogroms. Ils y vivaient de petits métiers. Le grand-père d’Amy était coiffeur, son père, chauffeur de taxi.

Les Winehouse déménagèrent ensuite dans le Nord de Londres. Ils célébraient le Shabbat, les grandes fêtes juives, plus attachés à la culture juive qu’à la religion. Un judaïsme sécularisé. Amy a dit, un jour : « Etre juive pour moi, cela signifie être ensemble, comme une vraie famille ». Ce lien fort avec la culture juive se cristallisa autour de Cynthia, sa grand-mère, objet d’un amour indéfectible. C’est elle qui lui donna le goût de la musique, des fringues années 50-60 et qui lui transmit son amour de la cuisine juive, de sa chicken soup. Amy aimait tellement sa grand-mère qu’elle tatoua son nom sur son bras.

A l’école, Amy était déjà un enfant rebelle. Elle s’y ennuyait ferme. Très tôt, elle rêve d’intégrer une école des arts de la scène. Sur sa feuille d’inscription, elle écrit : « Je rêve d’être célèbre. D’être sur scène. C’est l’ambition de ma vie. Je veux que les gens, écoutant ma voix, oublient leurs ennuis pendant quelques minutes ». Mais elle finit très vite par s’y ennuyer aussi.

Dans une des salles de l’exposition, on découvre ses robes de scène, ses chaussures excentriques à talons aiguilles et ses fameuses ballerines. Amy, à l’heure de sa célébrité, fut courtisée par de grands couturiers. Sa préférence allait aux stylistes londoniens. Amy aimait Londres. Non seulement elle y habitait, mais elle était « habitée » par sa ville. Il suffit d’écouter son accent cockney pour en être convaincu.

Nous sortons émus de cette exposition, par le texte de son frère Alex qui nous a fait découvrir une Amy méconnue et si fragile, émus aussi par la voix de l’artiste que l’on entend à tous les étages.

Le Musée juif de Belgique a encore fait le choix de montrer l’histoire et la culture juives sous toutes ses formes et à l’aulne de la modernité. Amy Winehouse en est un bel exemple.

Mardi 15 mai 2018 à 12h30 : « Amy Winehouse, un regard de psychanalyste », par Jean-Claude Encalado - Dimanche 16 septembre 2018 : Fin de l’exposition « Amy Winehouse » et Journée européenne de la culture juive 2018. Vente d’objets vintage et distribution de chicken soup.

Musée juif de Belgique, 21 rue des Minimes, 1000 Bruxelles. Infos : http://www.mjb-jmb.org/

 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/