Israël

Amos Oz : adieu, l’ami

Samedi 29 décembre 2018 par Willy Wolsztajn

L’écrivain israélien Amoz Oz, géant de la littérature hébraïque, est mort. Sa notoriété artistique d’ampleur internationale n’est plus à faire. Il était, d’un même mouvement, patriote sioniste engagé et, pour cette raison, fervent promoteur d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Un phare s’est éteint. Sa lumière demeure.

Né à Jérusalem en 1939 dans une famille imprégnée des idées nationalistes de Zeev Jabotinsky et Menahem Begin, il s’établit à 15 ans au kibboutz Houlda, affilié au parti socialiste sioniste Mapaï.

Après son service militaire effectué au sein du Nahal (unités liées aux kibboutzim), il participe à la Guerre des Six Jours et à celle de Yom Kippour. En 1978 il compte parmi les 348 militaires réservistes cofondateurs de Shalom Archav / La Paix Maintenant, qui impulse un puissant mouvement d’opinion publique destiné à soutenir la conclusion d’un traité de paix entre Israël et l’Egypte.

Amos Oz aimait à rappeler qu’il tenait toujours deux plumes prêtes sur son bureau, « l’une pour raconter des histoires et l’autre pour engueuler le gouvernement[1]. » Pour lui, « le fanatisme est la plaie du 21ème siècle (…) y compris le fanatisme intérieur lové en chacun d’entre nous[2]. » Et, à propos d’Israël : « La seule manière de conserver un rêve intact est qu’il ne se réalise jamais » ajoutant « Israël est un rêve devenu réalité, raison pour laquelle il déçoit[3]. »

Esprit libre, à cause de ses vues politiques, Amos Oz affronta les critiques tant de l’extrême gauche du camp de la paix que de l’extrême droite nationaliste. Il affirmait que se voir qualifier de traître le plaçait « en la meilleure des compagnies de l’histoire juive et de l’histoire mondiale[4]. »

Intransigeant sur le droit d’Israël à se défendre et encore plus sur son droit à exister, il avait soutenu son pays lors de la guerre du Liban en 2006 et de l’opération Plomb durci à Gaza en 2009.

De manière quelque peu provocatrice, il déclarait en avril de cette année à la télévision allemande : « J’ignore ce que le futur réserve à Jérusalem mais je sais ce qui devrait lui arriver. Tous les pays du monde devraient imiter le président Trump et déplacer leur ambassade à Jérusalem. Simultanément, chacun de ces pays devrait ouvrir sa propre ambassade à Jérusalem Est comme capitale du peuple palestinien[5]. »

Il publia en 2003 un pamphlet au titre prophétique « Aidez-nous à divorcer ![6] » « Nous, » Israéliens et Palestiniens. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, l’association Commanders for Israel’s Security, qui regroupe l’écrasante majorité des généraux et grades équivalents de la sécurité extérieure et intérieure d’Israël à la retraite, fait campagne pour la séparation entre Israéliens et Palestiniens, en vue des élections 2019 à la Knesset.

Adieu Amos ! Adieu camarade ! La lutte continue.

 

[1] Jewish Telegrafic Agency – 28.12.2018.

[2] The Washington Post – 30.11.2018.

[3] Jewish Telegrafic Agency.

[4] The Washington Post.

[5] Haaretz – 28.12.2018.

[6] Amos OZ – Aidez-nous à divorcer ! – Gallimard – 2003 – 39 pages.


 
 

Ajouter un commentaire

http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Patricia - 30/12/2018 - 16:20

    Un type qui a en réserve une plume pour critiquer le gouvernement légitime ne mérite aucun respect

  • Par willywolsztajn - 30/12/2018 - 16:55

    Bizarre remarque. Moi qui croyais que, dans une démocratie, la vertu des citoyens consiste à maintenir un regard critique sur les élus du peuple. Ce sont les dictatures qui considèrent la critique comme illégitime et bâillonnent les opposants.

  • Par Patricia - 30/12/2018 - 19:20

    Cher Willy
    Pour critiquer la politique menée par le gouvernement il est organisé des élections. Ça C est la démocratie. Le reste n est que bla bla inutile

  • Par Adele - 31/12/2018 - 16:12

    Chère Patricia
    Vous n êtes qu une brebis égarée
    Vos propos sont d une bêtise rarement atteinte sur ce site et vous pourriez vous mesurer à d autres qui viennent régulièrement cracher ici leur venin sur tout ce qui ne reflète pas l extrême droite de Netanyahou