Ces philosophes qui ont changé notre vie: Pythagore, Averroès, Condorcet, Freud

UN MARDI PAR MOIS à 20h.

 
 
Cycle de conférences de philosophie de Jérôme GRYNPAS, philosophe, ancien chroniqueur dans Le Vif-L’Express et conférencier à l'Union Européenne.
 
Certains philosophes ont marqué durablement notre histoire.
Autrement dit, notre monde serait -très- différent s’ils n’avaient pas développé leurs doctrines.
 
 
Pythagore (580-497 av.JC ?)
On ne sait pas trop s’il s’agit d’un personnage historique. Ce qui est certain c’est l’apparition d’un mouvement intellectuel – se réclamant de lui – dans l’ensemble du monde grec: de la Sicile à l’Ionie (Anatolie turque). D’un côté, ce mouvement inaugure la recherche scientifique. Non seulement, il fait des nombres l’élément structurant des choses, mais il privilégie en géométrie l’aspect démonstratif (déduction). De l’autre côté, il s’investit dans une tradition mystique (réincarnation …) et un élitisme aristocratique (société initiatique). Le savoir doit rester caché et réservé à une élite, donc au pouvoir. Dès l’origine, la philosophie affirme ainsi sa double orientation: démocratique et aristocratique.
 
Averroès (1126-1198)
Né à Cordoue (Espagne), il s’affirme comme un homme au savoir encyclopédique : philosophie, théologie, médecine, astronomie, etc. Sa réputation est grande, il est cadi (juge) et le calife lui demande de lui expliquer ce philosophe – Aristote – que tous vénèrent, musulmans, chrétiens et juifs. Ce dernier n’offre-t-il pas la possibilité de concilier foi et science, révélation et raison. Ces commentaires sur le penseur grec seront mieux appréciés en chrétienté que partout ailleurs. Ils feront école durablement. Au contraire, dans le monde musulman, il n’aura pratiquement pas de descendance. Il sera même exilé à la fin de sa vie dans une petite ville presque entièrement … juive. Ses livres seront brûlés. Le courant d’ouverture intellectuelle sera liquidé au profit d’un rigorisme qui s’étendra rapidement sur l’ensemble du monde musulman.
 
Antoine de Condorcet (1743-1794)
Antoine de Condorcet (Antoine de Caritat, marquis de Condorcet) est l’homme le plus digne d’admiration dans la pléiade des artisans du siècle des Lumières. Savant précoce, mathématicien, philosophe, politologue, haut-fonctionnaire, il tentera de donner des fondements mathématiques aux sciences humaines pour en faire un outil de prospection. Mêlé à tous les combats politiques de son temps, il a su conserver sa liberté d’esprit et de décision au risque de sa liberté. Sous la terreur, proscrit, abandonné, malade, il utilise ses dernières semaines de vie non pour se plaindre ou se justifier mais pour développer le message le plus optimiste que le 18° siècle ait produit: "esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain".
 
Sigmund Freud (1856-1930)
Viennois, à l’époque où flamboyait " l’apocalypse joyeuse " de l’empire habsbourgeois finissant. il se perçoit comme chercheur, comme médecin, comme rationaliste. C’est l’époque où l’assimilation juive en Occident va briller de tous ses feux : en politique avec Marx, en physique avec Einstein,en philosophie avec Husserl et Bergson. Mais les dépassant tous, Freud ne se contentera pas d’enclencher une révolution dans l’ordre du psychisme, il modifiera de façon substantielle la représentation collective de l’Occident. Il s’agit de repenser le monde, la représentation que nous nous en faisons, en privilégiant la part la plus intime et la plus universelle de notre moi désirant – le sexe – dans ce qu’il a de plus concret, de plus légitime, de plus nécessaire … et de plus dangereux.
 
 
 
Dates des séances: les mardi 29 mars, 26 avril, 17 mai et 14 juin.
Prix: le cycle de 4 conférences: 36€, par séance: 9€
Places limitées, réservations conseillées